La forge des Maîtres du feu, les vestiges de fours à chaux et l’ancienne carrière avoisinante demeurent les témoins les plus visibles du passé industriel de notre commune.Ce site, berceau de la société Dumont-Wautier, à présent Lhoist, basée à Hermalle sous Huy, à quelques kilomètres d’ici, juste après Flône, a connu les belles heures de l’extraction de la pierrecalcaire et de sa transformation en chaux.A la fin des années 1990, alors que seule la carrière est toujours exploitée. La Commune d’Amay décide de reconvertir la forge en un parcours spectacle retraçant le passé industriel local qui a fait lesbelles heures du savoir-faire amaytois.Dans ce lieu de mémoire, les visiteurs découvraient les richesses géologiques de la région (outre la pierre calcaire, nos sols regorgeaient de mines de blende et de galène, de schiste alunifère etd’argile), leur transformation et les applications des produits obtenus dans notre quotidien ainsi que la condition ouvrière aux 19 e et 20 e siècles.Après quelques années le Musée du Cycle est venu enrichir le contenu en s’installant à l’étage du parcours spectacle.
Plusieurs témoignages de carriers demeurent dans nos archives, comme celui de Michel Hart, trieur de chaux qui triait les mitches (incuits) devant un tapis métallique car un tapis de caoutchouc auraitfondu.
Lucien Fabri, qui a travaillé de 1945 jusqu’à la fermeture des fours en 1977, raconte comment il se servait d’une masse de 6 kg pour casser des pierres de 20 à 22 cm qu’il chargeait à la main pourremplir 11 wagonnets d’une tonne et demi par jour.
Mia Gérard, qui a commencé à travailler à l’ensachage en 1950, à l’âge de 20 ans, explique que cette tâche était confiée à des femmes car elles étaient moins payées que les hommes. Leur travailconsistait à entasser des sacs de 40 kg dans les wagons : « par chargement, on superposait 9 sacs que l’on devait lancer dans le wagon, à plus de 2 mètres de haut. » Elles portaient un pantalon, desbottines et un foulard noué à la créole mais cela ne les protégeait pas de brûlures à la langue, sous les bras, au nombril, à la ceinture et aux pieds, à cause de la transpiration mêlée à la poussière dechaux.
Giovanni Bragagnolo arrive d’Italie à 19 ans, en 1948. « Les italiens sont installés à la baraque, en face de la petite église. Le mobilier y est rudimentaire : un lit en fer de l’armée entre deux armoires,une pour le linge, l’autre pour la nourriture. Au milieu de la pièce, deux gros poêles à charbon surchauffaient la pièce et une rangée de seaux, disposés en rond autour du poêle le matin,fournissaient un peu d’eau chaude pour le linge et se laver le soir.
Albert Huet, casseur de pierres, explique comment chaque année, à la fin de l’automne, il allait dans les bois à la recherche de cerisiers sauvage dont il coupait, grattait et polissait les branches pour seconfectionner une réserve de 10 à 15 manches de marteau pour une année.
Du 19e siècle jusqu’au milieu du 20e siècle, le travail de la brique était également très répandu dans nos villages. Les briquetiers amaytois étaient réputés et partaient plusieurs mois par an pour des« Campagnes » en France, en Espagne, en Prusse et même jusqu’en Russie. Les femmes et enfants étaient lourdement mis à contribution. Lors du voyage, il n’était pas rare de voir des briquetiers,parfois de jeunes enfants, perdre le reste de l’équipe et se débrouiller pour atteindre leur destination ou revenir à Amay.
Les traditionnelles fêtes foraines des mois de mai et d’octobre sont un héritage de cette époque à laquelle des festivités étaient organisées pour célébrer le départ et le retour des familles debriquetiers.
En dehors des campagnes de briques, les ouvriers travaillaient dans les carrières, alunières ou mines d’extraction de zinc et de plomb).
Aujourd’hui, le bâtiment des Maîtres du feu est proposé à la location pour divers événements ou fêtes de familles.