

Le site éclusier d'Ampsin-Neuville, situé sur la Meuse entre Amay et Huy, a fait l'objet d'un vaste projet de modernisation. En plus d'dapter les écluses au passage de bateaux de grand
gabarit (jusqu'à 9 000 tonnes), le projet a intégré un volet environnemental majeur : la création d'une passe à poissons d'environ 700 mètres de long, la plus longue de Wallonie.
Une rivière artificielle d'exception
Conçue sous la forme d'un méandre naturel en rive gauche autour de la centrale hydroélectrique, cette infrastructure imite le cours d'une véritable rivière sauvage.
Contrairement aux passes à poissons en béton classiques composées de simples bassins
successifs, celle-ci offre un véritable écosystème avec :
Des profondeurs variées (de 30 cm à 2 mètres).
Des vitesses de courant contrastées (zones calmes pour le repos, zones de courant rapide).
Des substrats diversifiés (empierrements, radiers, mouilles et végétalisation).
Les espèces de poissons accueillies
La passe est calibrée pour permettre le franchissement du barrage à la quasi-totalité de la faune piscicole du bassin mosan :
Le but écologique et l'impact sur la nature
Le barrage hydraulique constituait historiquement un obstacle franchissable uniquement par les bateaux lors du sassement. Cette passe répond à trois objectifs écologiques clés :
1. Rétablir la libre circulation de la faune aquatique : Elle supprime la rupture de continuité écologique causée par le barrage, essentielle au maintien de la biodiversité.
2. Offrir des zones de frayères et de refuge : En plus d'être un point de passage, le chenal intègre des zones spécifiques où les poissons lithophiles (qui pondent sur les
graviers) peuvent se reproduire.
3. Favoriser la biodiversité globale du site : Les berges adoucies et végétalisées abritent des amphibiens (comme le crapaud calamite), des libellules, ainsi que des abris
dédiés au martin-pêcheur et à l'hirondelle de rivage.