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/ 3 ans
Verviers au XIXe

Verviers au XIXe

Crédit : Ghent University Library (The European Library)

Partez sur les traces des grands personnages de l’industrie verviétoise du XIXe siècle.

4.6 km
3 h
max. 215 m
min. 164 m
77 m
-77 m

Accessibilité

Style : En ville
Publics : FamilleAdolescentsScolaire
Thématiques : CulturelPatrimoine

Point de départ


4800 Verviers
Lat : 50.5931Lng : 5.86707
0 m
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1

Place du Marché

L’Hôtel de Ville domine la Place du Marché. Il est édifié à la fin du XVIIIe siècle, époque déjà prospère pour Verviers. La ville a des moyens financiers et veut le faire savoir. Elle décide de détruire l’ancien Hôtel de Ville qui lui semble démodé, et de construire un édifice à son image. On opte pour le style néoclassique. L’architecte s’inspire alors des monuments de l’Antiquité, pratique en vogue à l’époque avec la redécouverte des sites de Pompéi et d’Herculanum en Italie. La surélévation, les fausses colonnes corinthiennes et le fronton en sont les témoins les plus évidents.
- « Publicité, sauvegarde du peuple ». Quelle étrange devise !
Pas de méprise petit ! Ce n’est pas une publicité commerciale mais bien une ode au caractère public des débats des élus. Cette inscription date de la révolution de 1830.

1-7 Place du Marché 4800 Verviers
Lat : 50.5931Lng : 5.86707
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2

Eglise Saint-Remacle

Place Saint-Remacle 12
4800 Verviers
Ouverte chaque dimanche du 1er juillet au 31 août : 14.00-17.00
Visites guidées : 14.00-17.00
Info : + 32-87-33 87 04

Dans le bas de la ville, l’église primaire, du début du XIXe siècle, présente également des éléments néoclassiques à la mode. Elle s’inspire des basiliques romaines, surtout dans l’architecture intérieure, avec les imposantes colonnes et le plafond à caissons (constitué de compartiments quadrilatères et réguliers). Les grands noms de l’industrie verviétoise sont à l’origine de cet édifice: les de Biolley, Raymond et Edouard, et leurs épouses, les filles de l’industriel Simonis. Ils voulaient offrir à leur ville une grande église, symbole de prestige et de réussite.

Raymond de Biolley : un grand édifice pour un grand homme
Le père de Raymond s’installe à Verviers, créant l’entreprise familiale « Maison François Biolley et fils, Verviers ». Elle est ensuite dirigée de main de maître par le fils, Raymond. Prototype du parfait entrepreneur, toujours à l’affût du progrès technique et de contacts avec l’étranger, il réussit à exporter ses laines aux quatre coins du monde. Fier de sa réussite, il devient vicomte et baptise son navire le « Raymond ». Cet égo explique sa présence constante dans l’église Saint-Remacle, avec son frère et leurs épouses respectives.

A l’intérieur, la famille de Biolley est représentée à divers endroits de l’église.
Premièrement, la peinture en haut à droite du chœur représente Raymond, le saint patron de Raymond de Biolley. Il reçoit la communion de deux anges, devant une assemblée élogieuse : la Vierge à l’Enfant, saint Joseph, saint Jean-Baptiste enfant, et encore bien d’autres personnages illustres de l’histoire religieuse. Les armoiries des donateurs, les époux de Biolley-Simonis, sont peintes sur le côté, la scène appuyant donc l’importance de cette famille verviétoise au XIXe siècle. Au loin, se dessine dans la nuit la tour de l’église Saint-Remacle, haute de 43 mètres.

Saint Raymond a vécu au XIIIe siècle. Il œuvra durant toute sa vie à la cause chrétienne, rachetant les fils de Dieu, prisonniers des arabes, quitte à se porter prisonnier en échange. Il aurait reçu l’eucharistie de la main de deux anges, d’où cette scène picturale.

La chaire de vérité est également un élément à la gloire de la famille de Biolley. Saint Raymond et saint Edouard, patrons des deux frères, présentent un plan de l’église à saint Remacle, peut-être celui d’une restauration qui n’aura finalement jamais lieu. Cette sculpture en chêne massif de 1862, a été offerte par la veuve d’Edouard. Bienfaitrice de l’église, tout comme son beau-frère Raymond et sa sœur, Isabelle Simonis, elle a une exigence : que le saint patron de son époux soit représenté au côté de celui de son frère Raymond et de celui de l’église, saint Remacle.
- Raymond, pourquoi Edouard est tout petit par rapport à toi ?
- C’est une question d’échelle et de symbole. Je suis le frère aîné et le pilier de l’entreprise. Je dois être plus grand que lui…
- Mais plus petit que saint Remacle !

Enfin, derrière le baptistère, les deux statues représentent également Raymond et Isabelle Simonis.
- Les Verviétois ne risquent pas de t’oublier !
- C’est bien là le but.
Enfin, saint Sévère, adossé à un pilier à droite de l’entrée, rappelle toujours le passé lainier de Verviers. Patron des tisserands, il porte une navette dans sa main, instrument de travail des ouvriers du textile.

4-16 Rue Saint-Remacle 4800 Verviers
Lat : 50.595Lng : 5.87
0 m
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3

Les quartiers ouvriers

Sur la gauche, des immeubles à appartements s’élèvent dans la rue des Grandes Rames. La ville de Verviers est pionnière en matière de logement ouvrier. A l’époque, l‘habitat est une question cruciale pour les propriétaires d’usines. Une population importante afflue en ville, mais celle-ci n’offre pas assez de logements. N’ayant pas de moyens de transport, il est impératif que les travailleurs vivent près des usines qui les emploient. Une cité destinée uniquement aux ouvriers et à leurs familles est implantée dans cette rue grâce aux grands noms de l’industrie de la première génération, les Biolley et Simonis. Edifiée de 1808 à 1820, elle a pour nom « Les Grandes Rames » et peut accueillir près de 700 habitants, dans des logements sociaux très serrés, sans aucun confort. Cette cité est considérée comme une des premières d’Europe. Complètement rénovée en 1996, elle est toujours dédiée à l’habitat social.

Le nom de la cité fait référence aux « rames », cet assemblage de bois destiné à étendre les draps de laine pour les sécher avant l’existence des séchoirs électriques.

16 Rue Hombiet 4800 Verviers
Lat : 50.5961Lng : 5.87193
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4

Promenade des Récollets

La Vesdre qui traverse paisiblement la ville est à l’origine de tout : de la qualité de la laine, de son industrie et de la prospérité de la ville. Les grands édifices le long de l’eau en sont les témoins.

1-9 Rue des Grandes Rames 4800 Verviers
Lat : 50.5965Lng : 5.87046
0 m
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5

Eglise Notre-Dame-des-Récollets

Place du Martyr 106 • 4800 Verviers
Ouverte tous les jours: 08.00-19.00

Les origines de cette église remontent à la fin du XVIIe siècle mais elle subit de nombreuses modifications par la suite, notamment la tour-clocher ajoutée contre la façade en 1892. A l’époque, l’industrie lainière bat son plein, certains paroissiens sont donc relativement aisés et peuvent se permettre de nouvelles constructions. Au sein de cette tour, l’architecte conçoit une grande chapelle dédiée à la Vierge. Ce lieu de culte est encore aujourd’hui très visité par les Verviétois. Ils viennent y allumer un cierge ou réciter une prière.

- Eh toi ! Lève le nez et admire la statue en l’honneur de ma chère mère et moi-même.
- Laquelle ? Il y en a deux.
- Celle à l’Est, vers le chœur !

Au balcon du premier étage, une véritable mise en scène s’offre à la vue des visiteurs : deux statues noires se font face. Elles représentent chacune une Vierge à l’Enfant à première vue semblables. Cependant, la position de l’enfant Jésus et de la Vierge diffère. Dans celle du fond, ils sont assis, regardant droit devant eux. Dans la deuxième, l’enfant Jésus s’est fortement rapproché de la Vierge, brandissant un sceptre que sa mère retient.

Selon la légende, lors d’un grand tremblement de terre le 18 septembre 1692, un miracle s’est produit : la statue de la Vierge et de l’enfant avait changé. Ils s’étaient rapprochés l’un de l’autre. Par la suite, de nombreux habitants venus se réfugier dans l’église ont confirmé ce miracle. Depuis, une plaque commémorative accrochée dans la chapelle relate l’événement.

La couleur sombre est le résultat d’altérations quotidiennes (fumée de cierge, pollution, incendie…) et d’une restauration récente à la teinte noire afin d’uniformiser le tout. La statue représentant la position antérieure au tremblement de terre a été sculptée par la suite, pour permettre la comparaison et appuyer la légende.

100-156 Enclos des Récollets 4800 Verviers
Lat : 50.5935Lng : 5.85954
0 m
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6

Eglise Saint-Antoine et Saint-Hubert

Pont du Chêne • 4800 Verviers
Ouverte tous les jours de 09.00-12.00
Visites guidées: +32 479 80 51 14 ou +32 475 95 49 47

Cette église fut inaugurée en 1882. Tout comme les autres lieux de culte de la ville, elle résulte d’un accroissement important de la population au XIXe siècle, et de la nécessité pour le quartier de posséder sa propre église.

Récemment restaurée, elle présente des tons contrastés. Le clair recouvre la plupart des murs, mais une couleur particulière, d’un rouge de lie illumine les absides du chœur et des chapelles adjacentes. Ce choix esthétique procure à l’ensemble une atmosphère chaleureuse.

- Eh pssstt, petit, regarde.
- Où?
- Lève les yeux et cherche-moi. Je suis le masque en plâtre blanc à la longue moustache.

L’église présente une iconographie foisonnante. Plus de 200 masques ornent les chapiteaux des colonnes et l’espace juste au-dessus des arcades. Quant aux fonts baptismaux, l’artiste a opté pour des dragons. Bien qu’ils soient vaincus par la croix, la composition est étrange car auparavant, toute représentation d’êtres maléfiques était interdite au sein d’une église. Enfin le lutrin, pupitre où est posé le missel, prend la forme d’un aigle royal écrasant de tout son poids le dragon, symbole du mal. Il pose dans toute sa splendeur sur des lions tranquillement allongés.

Dehors, sur la façade de l’église, des éléments familiers attirent l’attention : d’autres masques qui sourient chaque jour aux habitants du quartier…

17 Pont du Chêne 4800 Verviers
Lat : 50.5928Lng : 5.85513
0 m
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7

Parc de l’Harmonie

Le parc de l’Harmonie accueille depuis presque deux siècles la Société Royale d’Harmonie créée par un jeune homme de Herve, passionné de musique. Sa bâtisse a été inaugurée en présence d’un des plus grands violonistes de l’époque, Henri Vieuxtemps, originaire de Verviers.

Avec l’engouement musical que connait le XIXe siècle, des kiosques à musique permanents, comme celui du parc, apparaissent un peu partout. Les dimanches ensoleillés devaient être très agréables pour la société mondaine désireuse de s’amuser et d’écouter des virtuoses à l’œuvre dans cet écrin de verdure aux arbres centenaires.

1 Rue Peltzer de Clermont 4800 Verviers
Lat : 50.5918Lng : 5.85549
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8

Le Grand Théâtre

La rue remontant la ville, celle qui longe le parc, laisse imaginer le faste passé et la vie douce des habitants de ces maisons de maîtres. De grandes fenêtres, des loggias surmontées de terrasses, tout était bon pour profiter de la vue du parc en contrebas.

Tout en haut, la petite place donne sur l’arrière du Grand Théâtre de la ville. Edifié à la fin du XIXe siècle, il remplace le théâtre de la Place Verte, devenu trop petit pour les habitants toujours plus nombreux à profiter de la vie culturelle bouillonnante de l’époque. L’architecte, Charles Thirion, conçoit un vaste quadrilatère classique, élevé de deux niveaux, sur le modèle des théâtres à l’italienne.

4-20 R61 4800 Verviers
Lat : 50.5897Lng : 5.85618
0 m
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9

Eglise Sainte-Julienne et le quartier des Boulevards

Rue Victor Bouillenne 23 • 4800 Verviers
Ouverte du 1 juin au 30 septembre :
lundi : 09.00-12.00 sur demande (+32 479 80 96 98 ou +32 476 34 50 41)
vendredi : 14.00-18.00
dimanche : 10.30-12.15

La dernière grande église construite durant l’âge d’or se situe sur les hauteurs de la ville. A mesure que la population grandit, les bourgeois partent chercher la quiétude dans le « quartier des boulevards ». Cependant, aucune église n’existe dans les environs proches. Il faut descendre le long de la Vesdre pour assister à la messe. Une paroisse voit le jour. Son église est inaugurée quelques années plus tard, en 1901, construite grâce aux financements des grandes familles. Avec deux clochers entourant une grande rosace, elle constitue un des repères urbanistiques de Verviers, particulièrement visible en bas de la rue des Minières. C’est encore l’architecte Charles Thirion qui signe les plans de cet édifice grandiose, de style néogothique.

Le style néogothique s’attache à faire revivre les formes artistiques du Moyen Age.

L’église est édifiée sur une petite colline, appelée « des Minières ». Pour y accéder, il faut franchir une rampe d’escaliers, source de plaintes des paroissiens : selon eux, l’accès à l’entrée était beaucoup trop haut. Certains se sont gentiment moqués de ces dires car qui dit « monter » au début dit « descendre » à la fin.
Beaucoup de Verviétois, issus des classes populaires, ne se sont jamais rendus à Sainte-Julienne, lui préférant Saint-Remacle. Les différences sociales étaient fort marquées… Chacun avait sa propre église. Ces querelles mises à part, une fois les portes franchies, les univers de Pringels et d’Osterrath se dévoilent. Le premier est peintre, le second maître verrier (travaillant sur des ébauches d’un dénommé de Biolley, peut-être familier des célèbres industriels). A eux deux, ils ont réussi à rendre ce lieu unique et original.

Les vitraux sont emplis de symbolique. Ils représentent chacun une scène fondamentale de l’histoire et de la foi chrétienne. Ceux situés en face de la rosace, dans la croisée droite du transept, illustrent la vie de Julienne de Cornillon, la sainte patronne de l’église.
Sainte Julienne de Cornillon est née vers 1192 près de Liège. Religieuse, elle est connue pour avoir obtenu de l’évêque de Liège l’institution de la Fête-Dieu, en 1246. Cette fête liturgique commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, Sainte Julienne est depuis représentée avec une lune échancrée, évoquant l’absence de fête liturgique pour l’Eglise avant son l’arrivée.

Les grandes compositions picturales du Bruxellois Léon Pringels retracent quant à elles des épisodes du Nouveau Testament, mais en intégrant également sainte Julienne, saint Remacle (patron de la ville de Verviers), saint Lambert (patron du diocèse de Liège) et saint Joseph (patron de la Belgique) par souci de contexte. Comme dans d’autres églises de la ville, les toiles sont marouflées, c’est-à-dire collées à même le mur, raison pour laquelle elles sont bien conservées. Le peintre, contemporain de Paul Delvaux et Magritte, a opté pour la veine symboliste, s’inspirant du quattrocento italien et d’un certain expressionnisme. Au final, cela donne une œuvre pleine de sérénité et de chaleur.

- C’est drôle, les personnages sont très grands mais ils me semblent si proches.
- C’est le plan américain qui fait cela.
- Celui du cinéma?
- Pringels avait peut-être déjà vu un film au moment où il a peint. Mais quant à savoir si cela l’inspira, c’est une autre histoire.

Le plan américain coupe les personnages au niveau des genoux. Il permet de les rendre très présents sans pour autant paraître envahissants, malgré la grandeur et la hauteur des panneaux. Ces compositions laissent peu de place au décor, limité à l’essentiel. Elles suggèrent donc plus qu’elles ne montrent.

Au Quattrocento (XVe siècle en Italie), l’art s‘éloigne peu à peu du registre religieux : il propose des thèmes plus proches de l’Homme, mélangeant profane et sacré, tout en maniant de nouvelles techniques comme la peinture à l’huile et la perspective.

17 Rue Victor Bouillenne 4800 Verviers
Lat : 50.5858Lng : 5.86001
0 m
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10

Retour sur la Place du Marché

Le chemin rejoignant le centre-ville illustre l’éternel contraste verviétois. Dans le quartier des boulevards, tout y est élégant, posé et soigné. Mais à mesure que l’on s’approche de la Vesdre, l’atmosphère change ; plus chaotique et plus colorée. Les mille et une sonorités culturelles viennent bercer les promeneurs… Verviers , quelle diversité !

77 Rue du Centre 4800 Verviers
Lat : 50.5892Lng : 5.86229
0 m

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