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Eglise Sainte-Julienne et le quartier des Boulevards

Eglise Sainte-Julienne et le quartier des Boulevards

Crédit : Ghent University Library (The European Library)

Rue Victor Bouillenne 23 • 4800 Verviers
Ouverte du 1 juin au 30 septembre :
lundi : 09.00-12.00 sur demande (+32 479 80 96 98 ou +32 476 34 50 41)
vendredi : 14.00-18.00
dimanche : 10.30-12.15

La dernière grande église construite durant l’âge d’or se situe sur les hauteurs de la ville. A mesure que la population grandit, les bourgeois partent chercher la quiétude dans le « quartier des boulevards ». Cependant, aucune église n’existe dans les environs proches. Il faut descendre le long de la Vesdre pour assister à la messe. Une paroisse voit le jour. Son église est inaugurée quelques années plus tard, en 1901, construite grâce aux financements des grandes familles. Avec deux clochers entourant une grande rosace, elle constitue un des repères urbanistiques de Verviers, particulièrement visible en bas de la rue des Minières. C’est encore l’architecte Charles Thirion qui signe les plans de cet édifice grandiose, de style néogothique.

Le style néogothique s’attache à faire revivre les formes artistiques du Moyen Age.

L’église est édifiée sur une petite colline, appelée « des Minières ». Pour y accéder, il faut franchir une rampe d’escaliers, source de plaintes des paroissiens : selon eux, l’accès à l’entrée était beaucoup trop haut. Certains se sont gentiment moqués de ces dires car qui dit « monter » au début dit « descendre » à la fin.
Beaucoup de Verviétois, issus des classes populaires, ne se sont jamais rendus à Sainte-Julienne, lui préférant Saint-Remacle. Les différences sociales étaient fort marquées… Chacun avait sa propre église. Ces querelles mises à part, une fois les portes franchies, les univers de Pringels et d’Osterrath se dévoilent. Le premier est peintre, le second maître verrier (travaillant sur des ébauches d’un dénommé de Biolley, peut-être familier des célèbres industriels). A eux deux, ils ont réussi à rendre ce lieu unique et original.

Les vitraux sont emplis de symbolique. Ils représentent chacun une scène fondamentale de l’histoire et de la foi chrétienne. Ceux situés en face de la rosace, dans la croisée droite du transept, illustrent la vie de Julienne de Cornillon, la sainte patronne de l’église.
Sainte Julienne de Cornillon est née vers 1192 près de Liège. Religieuse, elle est connue pour avoir obtenu de l’évêque de Liège l’institution de la Fête-Dieu, en 1246. Cette fête liturgique commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, Sainte Julienne est depuis représentée avec une lune échancrée, évoquant l’absence de fête liturgique pour l’Eglise avant son l’arrivée.

Les grandes compositions picturales du Bruxellois Léon Pringels retracent quant à elles des épisodes du Nouveau Testament, mais en intégrant également sainte Julienne, saint Remacle (patron de la ville de Verviers), saint Lambert (patron du diocèse de Liège) et saint Joseph (patron de la Belgique) par souci de contexte. Comme dans d’autres églises de la ville, les toiles sont marouflées, c’est-à-dire collées à même le mur, raison pour laquelle elles sont bien conservées. Le peintre, contemporain de Paul Delvaux et Magritte, a opté pour la veine symboliste, s’inspirant du quattrocento italien et d’un certain expressionnisme. Au final, cela donne une œuvre pleine de sérénité et de chaleur.

- C’est drôle, les personnages sont très grands mais ils me semblent si proches.
- C’est le plan américain qui fait cela.
- Celui du cinéma?
- Pringels avait peut-être déjà vu un film au moment où il a peint. Mais quant à savoir si cela l’inspira, c’est une autre histoire.

Le plan américain coupe les personnages au niveau des genoux. Il permet de les rendre très présents sans pour autant paraître envahissants, malgré la grandeur et la hauteur des panneaux. Ces compositions laissent peu de place au décor, limité à l’essentiel. Elles suggèrent donc plus qu’elles ne montrent.

Au Quattrocento (XVe siècle en Italie), l’art s‘éloigne peu à peu du registre religieux : il propose des thèmes plus proches de l’Homme, mélangeant profane et sacré, tout en maniant de nouvelles techniques comme la peinture à l’huile et la perspective.

17 Rue Victor Bouillenne 4800 Verviers
Lat : 50.5858Lng : 5.86001
0 m

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