
Ce lieu, qui paraît aujourd’hui idyllique, était l’antichambre de l’enfer en mars 1915, date à laquelle débuta la guerre des mines. De part et d’autre du village en ruine, les deux camps vont creuser tout un réseau de galeries allant jusqu’au-dessous des lignes ennemies qui sautent à coups de milliers de tonnes d’explosif. Un siècle plus tard, en surface où se dressait le village de 108 habitants, on y observe uniquement des cratères géants et une butte réduite de moitié. En sous-sol, certaines galeries sont accessibles au public. Côté allemand, y pénétrer n’est pas toujours aisé, mais leur découverte donne l’impression que les soldats y siégeaient encore hier. A la lueur d’une ampoule blafarde, on y déchiffre des inscriptions d’époque, on remarque quelques objets et même un sommier en fer. Tout semble intact, un peu comme en 14… On peut ressentir à chaque pas l’angoisse des premiers sapeurs creusant les galeries et qui pouvaient sauter à tout moment, car ces dernières étaient minées en dessous par “ceux d’en face”... Jamais un lieu de mémoire ne m’a paru aussi authentique.