Déjà inscrit ? Connectez-vous
/ 3 ans
Le Pays de Herve au XIXe

Le Pays de Herve au XIXe

Crédit : Ghent University Library (The European Library)

Juste à côté des villes industrialisées telles que Verviers et Pepinster, admirez le paysage de bocage typique de cette région et ses gourmandises : sirop de Liège, fromage de Herve, …

21 km
3 h
max. 306 m
min. 193 m
315 m
-330 m
Styles : BaladeÀ la campagne
Publics : AdolescentsCyclistesScolaire
Thématiques : CulturelPatrimoine

Point de départ


4651 Herve
Lat : 50.6422Lng : 5.79127
0 m
image du poi
1

L'ancienne gare

L’ancienne gare

L’ancienne gare de Herve, entièrement remise à neuf, abrite maintenant la Maison du Tourisme. La première gare de Herve date de 1873, date relativement tardive par rapport à l’arrivée du chemin de fer dans les grandes métropoles belges (1842) ; tout le monde en était pourtant demandeur ici ! Le chemin de fer permet en effet de se déplacer plus facilement et plus rapidement à une époque où l’automobile est quasiment inexistante ! Il permet aussi le développement du commerce. Détruite lors d’un incendie en 1914, la gare est reconstruite en 1926. Elle est fréquentée par des écoliers de la région qui se rendent au collège de Herve, par les ouvriers qui se rendent dans les nombreuses industries locales et permet le transport de marchandises.

Maison du Tourisme du Pays de Herve
Lieu incontournable pour débuter votre promenade, ne manquez pas de visiter l’Espace des Saveurs et Découvertes. Vous serez guidé dans la région par Jean de Herve au travers d’un spectacle multimédia suivi d’une dégustation de produits du terroir (www.espacedessaveurs.be).
La Maison du Tourisme propose également un large éventail de dépliants touristiques, de plans de balades, des vélos en location et des douches et toilettes gratuites (www.paysdeherve.be).

Remontons un peu dans le temps…
« Herve est une très petite ville contenant environ 400 maisons. Elle n’a de remarquable qu’un couvent de pénitentes et son commerce en fromages, qui sont très estimés… Le territoire est d’une traverse très difficile, à cause des haies qui y sont si multipliées qu’on n’y rencontre aucune plaine spacieuse… »
- Herve a changé depuis, Monsieur le Comte et cartographe Ferraris.
- J’ai déclaré ceci à la fin du XVIIIe siècle… C’est normal. Deux siècles ont passé depuis.
- Mais je vous rassure, le fromage a toujours la cote.

C’est surtout la construction de la gare et des nouveaux quartiers dans ses alentours qui a modifié la ville. A l’origine, elle s’est développée le long d’un axe reliant l’église, l’actuel hôtel de ville (l’ancienne halle communale) et le site d’un ancien château, près de la rue Chinville. Promenez-vous dans les alentours de ces rues et vous y découvriez de superbes façades représentatives de divers styles architecturaux du XVIIIe à nos jours.

Rue de la Station 4651 Herve
Lat : 50.6422Lng : 5.79127
0 m
image du poi
2

L'Hôtel de Ville et l'église Saint-Jean-Baptiste

En allant vers l’église, arrêtez-vous devant l’hôtel de ville. Sous la corniche de gauche du bâtiment, saint Jean Baptiste, le patron de la ville, est représenté avec les outils de tannerie et de cordonnerie. Cette œuvre témoigne de l’importance de ces activités pour la ville. D’ailleurs, la cordonnerie, très développée dans la cité au XIXe siècle, fait vivre de nombreuses familles… Mais une crise à la fin du XIXe puis la Grande Guerre viennent y mettre un terme. Herve vivait aussi du charbonnage et de la fabrication de clous. Ces activités ont aujourd’hui disparu, tout comme la tannerie. L’activité principale du plateau de Herve était cependant la laine, qu’on travaillait depuis le XVe siècle. En 1812, Herve compte huit fabricants à métiers, seize à drap et vingt-quatre tisserands. Ce type de travail est principalement exercé à domicile et sert d’appoint aux agriculteurs. Mais dès l’apparition des machines mécanisées, les usines de Verviers s’avèrent être bien plus efficaces, provoquant la fermeture des petites usines. Il s’ensuivra une paupérisation des habitants du plateau entier et un exode considérable vers Verviers. Seule la cité de Herve, qui compte encore deux fabriques de drap en 1841, voit sa population augmenter.

Église Saint-Jean-Baptiste

Place de l’Eglise  4650 Herve
Ouverte tous les jours : 9.30 – 17.00
Visite guidée sur demande préalable : +32 87 67 45 64

Devant vous se dresse l’imposante tour de l’église.

- On ne se serait pas trompés d’époque ?

Effectivement, la tour remonte au Moyen-Âge et ressemble à un donjon, bien qu’elle ait toujours fait partie d’une église. Datant du début du XIIIe siècle, elle avait une fonction défensive. Rentrez et constatez l’épaisseur des murs : de 2,5 à 3 mètres.
L’église en elle-même date du XVIIe siècle. Avancez vers le grand tableau qui orne l’autel de la nef nord. C’est un chef-d’œuvre de Bertholet Flémal, figure centrale de la peinture liégeoise du XVIIe siècle. Il s’intitule « La dispute du Saint-Sacrement ». Il met en scène une discussion à propos de l’Eucharistie entre quatre docteurs de l’Eglise : saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin et saint Grégoire. Le sujet de la discussion, à savoir la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, était au centre de la controverse avec les calvinistes. Remarquez l’éclairage contrasté dont la source lumineuse est l’Hostie. C’est une des caractéristiques de la technique du clair-obscur. L’artiste veut montrer le contraste entre l’obscurité du monde terrestre et la lumière divine. Ce procédé permet aussi d’augmenter la tension dramatique du tableau.

Un docteur de l’Eglise est un homme ou une femme, baptisé, auquel l’Eglise reconnaît une autorité exceptionnelle en matière de théologie.

Au sortir de l’église, remarquez le clocher de la tour. Étrange, non ? Il est tordu ! Avec sa flèche en spirale, c’est ce qu’on appelle un clocher tors. Déformé, il est adapté aux vents de la région. Du haut de cette tour, une vue imprenable sur tout le plateau de Herve s’offre à vous. Partez à sa découverte.

2 Rue Roosevelt 4651 Herve
Lat : 50.6392Lng : 5.79411
0 m
image du poi
3

Sur le chemin vers Soiron

Allons respirer l’air frais… En vous rendant à la prochaine étape, ne manquez pas d’admirer ce paysage fait de bocages, si particulier et si différent de celui de Verviers, pourtant située à quelques kilomètres de là. Le plateau de Herve a été préservé du développement urbanistique et industriel qu’a connu la région voisine à son heure de gloire.

Le Pays de Herve est une région naturelle traditionnellement définie comme la partie de la province de Liège s’étendant entre la Meuse et la Vesdre. Il est caractérisé par un paysage de bocages, c’est-à-dire un paysage fait de champs enclos par des haies ou rangées d’arbres qui limitent les parcelles. C’est l’opposé des « openfields », ces grandes étendues agricoles non délimitées.

Ce paysage de bocages est le fruit de l’intervention humaine. Dans un premier temps, l’activité première de ces campagnes est la culture de céréales. Au XVIe siècle, pour diverses raisons (interdiction d’exporter des céréales, paiement de la dîme, taxe prélevée sur le blé, et une forte demande en viande et en lait), les agriculteurs deviennent éleveurs et non plus cultivateurs. Cela influence le paysage et l’économie de la région. D’une part, l’apparition du bocage : la campagne voit naître petit à petit des fermes d’élevage délimitées par des haies. D’autre part, avec leurs vaches laitières, les éleveurs conçoivent un produit dont le temps de mûrissement doit être assez long pour être transporté dans des régions plus éloignées. Le fromage de Herve est né. Enfin, la plupart des fermiers de la région possèdent un verger. Pour une meilleure conservation et une dégustation des fruits tout au long de l’année, une partie de la récolte est consacrée à la confection d’un sirop, le célèbre sirop de Liège, et à la production de cidre.

Le style s’inspire des maisons à colombages dans lesquelles est incorporé un nouveau matériau, la pierre. Cela donne un encadrement en pierre des fenêtres ainsi que des couches alternées de brique et de pierre.

65 Rue de la Chapelle 4650 Herve
Lat : 50.6108Lng : 5.79303
0 m
image du poi
4

Soiron et l'église Saint-Roch

Caché dans la campagne verdoyante faite de bosquets, vergers et herbages, Soiron existe depuis un millénaire. Tout comme Olne, le village suivant, Soiron fait partie des possessions du chapitre Saint-Aldalbert d’Aix. Mais, vers 1240, le duc de Limbourg s’approprie Soiron tandis qu’Olne est cédé à son rival, le duc de Brabant. Avec les petites ruelles et l’habitat de style renaissance mosane des XVIIe et XVIIIe siècles, ces deux villages sont aujourd’hui labellisés « Plus Beaux Villages de Wallonie ».

17. Eglise Saint-Roch
Soiron-Centre  4861 Soiron
Ouverte le samedi : 10.00 – 12.00

En 1692, un grand tremblement de terre secoue toute la région, le même qui aurait provoqué le miracle de la Vierge Noire à l’église Notre-Dame-des-Récollets de Verviers.

Le village s’effondre… La tour de l’église, très solide, est un des rares bâtiments restés debout. Reconstruite quelques dizaines d’années plus tard, l’architecte voit grand, tant et si bien que l’édifice peut accueillir le maître-autel hors norme d’une abbaye cistercienne namuroise. Saint Roch en devient le patron, lui qui combattit la peste toute sa vie durant. Dans l’iconographie chrétienne, il est accompagné de son fidèle compagnon ; ce chien qui allait le nourrir chaque jour lors de son isolement volontaire dans une forêt, juste après avoir contracté la peste lui aussi. Sa statue est accrochée sur le pilier gauche, juste avant le chœur, tout près d’une chapelle seigneuriale.

- Là, dans la chapelle, on ne dirait pas une porte ?
- Bien vu ! Elle permettait à des villageois de prestige de se rendre à la messe.

Cette pratique est aujourd’hui obsolète, mais à une certaine époque, la noblesse avait sa propre entrée et sa propre chapelle dans l’église. Cela lui permettait de ne pas se mélanger au reste de la population locale. Les seigneurs de Woelmont ne passaient pas par la place de l’église mais bien par une porte trouée dans l’un des murs du cimetière. Ils longeaient ensuite les tombes avant de pénétrer dans leur chapelle privée.

Au XIXe siècle, alors que les usines tournent à pleine vitesse à quelques kilomètres de là, les villageois vivent de la culture de céréales (épeautre, avoine) et de l’élevage de moutons. Comme à Herve, la clouterie constitue une industrie d’appoint, surtout vers la fin du XIXe siècle. Au même moment apparaissent de petits métiers manuels pour filer et tisser la laine. Mais le village doit faire face à la concurrence de la grande industrie toute proche et l’exode rural qui s’ensuit n’arrange pas les affaires…

84 Soiron-Centre 4861 Pepinster
Lat : 50.5922Lng : 5.79052
0 m
image du poi
5

Olne

Ce village se cache au loin, derrière les collines, à l’extrémité du Pays de Herve. Le paysage mêle en effet la douceur du plateau hervien et la diversité des massifs ardennais. La Renaissance mosane y a laissé des traces, avec l’église, les fermes et les maisons aux alentours.
Au XIXe siècle, le village tout entier est concerné par l’industrie cloutière, drapière et la forge des canons de fusil. Beaucoup d’habitants mêlent alors le travail de la terre avec une activité liée à l’industrie. La vie y est pénible, même au milieu des champs.

- Un mélange entre le paysan et l’ouvrier.
- Oui… Tout n’était pas aussi bucolique qu’on ne le pense dans nos campagnes…

Finalement, devant la concurrence de Verviers et Liège, Olne renoue peu à peu avec son passé agricole et sa tranquillité d’antan. Le village est aujourd’hui connu pour sa manifestation folklorique et artisanale « Olne Autrefois » et sa spécialité charcutière, le « Lèv’Gos ». Ce boudin existait déjà au XIXe siècle. A l’époque, l’adage « tout est bon dans le cochon » prenait tout son sens : on ne gaspille rien ! On invente alors une recette pour manger les abats de porc (qu’on ne peut pas conserver comme le reste du cochon). Ils sont préparés sous forme d’un boudin agrémenté d’oignons, d’épices, d’un peu de sucre fin et de raisins de Corinthe. La recette tombe dans l’oubli avant d’être revalorisée à partir de la fin des années 70 par la confrérie du Lèv’Gos.

Olne Autrefois
C’est une grande manifestation folklorique et artisanale qui a lieu toutes les années impaires durant le dernier week-end de juin. Elle vous propose de vous plonger dans l’ambiance d’autrefois : folklore, produits de bouche, démonstrations de métiers d’antan… (http://olneautrefois.olne.be)

ruelle du vieux mayeur 4877 Olne
Lat : 50.5904Lng : 5.74911
0 m
image du poi
6

L’ancienne ligne 38

Le retour vers Herve passe par l’ancienne ligne de chemin de fer 38. Ce tracé existe depuis le XIXe siècle. Le tronçon relie alors Chênée à Battice. Un deuxième tronçon vient compléter la voie vingt ans plus tard, allant jusqu’à la commune de Plombières, à la frontière avec l’Allemagne et la Hollande. Certaines entreprises de la région sont raccordées aux chemins de fer par des voies qui leur sont propres. Ainsi, en plus du transport de voyageurs, le chemin de fer permet l’essor des charbonnages, mais surtout des produits locaux comme le fromage de Herve ! Mais avec la concurrence croissante de l’automobile, les lignes de campagne disparaissent peu à peu. Le trafic de voyageurs s’arrête en 1957 et celui de marchandises en 1992. Aujourd’hui, c’est un beau sentier de traverse, un endroit idéal pour se promener à pied, à cheval ou à vélo.

- Et si je n’ai pas envie de m’arrêter ?
- Tu passeras par Clermont-sur-Berwinne, un des plus beaux villages de Wallonie.

Puis Aubel et ses marchés artisanaux… Le chemin va même jusqu’à Hombourg, et bien plus loin encore… Tout cela avec peut-être les effluves des siroperies artisanales venant chatouiller de temps à autre les narines.

- Qu’il est grand le Pays de Herve !
- Bien plus grand qu’on ne le pense…

RAVeL Ligne 38 4633 Soumagne
Lat : 50.6356Lng : 5.74778
0 m

Soyez le premier à commenter !

En poursuivant votre visite, vous acceptez l'utilisation de cookies permettant d'améliorer votre navigation. Pour en savoir plus, cliquez iciJ'ai compris