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Allée du Mail

Allée du Mail

De l'autre côté de la route, derrière les grilles qui marquent l'une des entrées du Domaine royal, s'ouvre une perspective qui permet d'apercevoir les vestiges du château. Autrefois, le parc était ouvert et les habitants avaient pour habitude d'y circuler librement. Le portail a été posé vers 1900, de même que la clôture de l'ensemble du Domaine.
Dans le centre de la perspective on aperçoit un obélisque rappelant que celui de Louxor venait d’être installé place de la Concorde à Paris par Louis-Philippe en 1836.
Devant vous, se dresse le monument aux morts en pierre calcaire qui fut édifié en 1901 sur commande de l'association du souvenir français. Il est l'œuvre du sculpteur clermontois Henri Gourgouillon. Il est dédié aux enfants du canton décédés lors des guerres et campagnes coloniales de la seconde moitié du 19e siècle, ainsi que lors de la guerre de 1870. Les monuments aux morts commémorant les pertes subies durant ces conflits sont plutôt rares, ce qui fait l'originalité de celui-ci. Il représente un soldat mourant brandissant le drapeau qui est adossé à un pylône sur lequel figure la liste des soldats morts. De nos jours, les Anciens gendarmes du Sahara et d'Algérie y effectuent leur cérémonie de commémoration nationale, une fois par an en octobre.
L'allée du Mail, où nous nous situons, fut ouverte pour relier le château de Randan au massif forestier. Elle est délimitée par des alignements de chênes d'Espagne plantés à l'initiative de la comtesse de Paris vers 1900. Le terme de mail provient d'un ancien jeu pratiqué en France dès le Moyen Age : le jeu de mail. Il désigne à l'origine le maillet à manche flexible utilisé pour pousser une boule de buis. La pratique de ce jeu nécessitait une grande allée droite et dégagée. D'où l'implantation d'allées de ce type dans nombre de bourgs. Par extension le terme de mail se retrouve ainsi fréquemment dans la toponymie des villes pour désigner de grandes allées.
Au bout de l'allée du mail, s'étend la forêt de Randan sur 3000 ha, magnifique forêt de chênes. Au XIXème siècle, Adélaïde d'Orléans l'aménage : réparation des voies existantes, percement de nouvelles routes et construction de maisons forestières. Ceci pour faciliter les déplacements et l'exploitation du bois.
Certaines routes forestières ont reçu le nom de membres de la famille d'Orléans : route d’Aumale, route de Montpensier, route Amélie ... Ces noms étaient portés sur des poteaux indicateurs en bois, remplacés par la suite par des poteaux en métal placés au centre de carrefours appelés "ronds". Attention, le domaine forestier est privé et les accès sont interdits.

Au N°15 de l'allée du Mail, remarquez la maison entièrement parée de briques rouge et noir. Il s'agissait de la maison du sous-inspecteur.
La forêt de Randan était administrée par un inspecteur installé dans une maison du bourg. Il gérait à l'époque les 8 000 ha que possédait la famille d’Orléans en Auvergne et était secondé par un sous-inspecteur hébergé dans la demeure face à nous. Construite par Paschal LEPAGE, architecte parisien attaché au domaine, en 1845, cette maison est en pisé avec des encadrements en pierre de taille. Sa façade en parement de brique rouge et noire la distinguait des loges de gardes forestiers, plus modestes.
La forêt comptait 21 maisons de gardes forestiers qui jalonnaient le domaine. Tout le personnel travaillant sur ces terres était sous les ordres de l'Inspecteur des forêts du Domaine de Randan qui lui-même était sous l'autorité de l'administration privée qui, depuis Paris, gérait l'immense patrimoine de la Maison d'Orléans.

Interview Laurent Miallier : « On se retrouve devant la maison du sous-inspecteur du domaine royal de Randan construite en 1845 par Pascal Lepage. Cette maison est un peu particulière. Elle est sur 5 travées avec un décalage de toiture qui lui donne du caractère.
C’est la première maison du canton, du moins la plus ancienne que l’on connaisse qui soit construite avec une façade en brique. On a une description de la maison assez précise puisque c’était des maisons qui étaient dans le domaine avec une administration très sérieuse. Ce qui a disparu malheureusement sur le toit, c’est les lucarnes. Il faut imaginer 3 lucarnes à la mansarde.
La maison est rachetée au début du XXème siècle par un huissier de Riom, puis en 1924 par le juge de paie de Randan, le juge Busset qui va y habiter pendant une cinquantaine d’années. Il va faire des travaux « d’embourgeoisement ». Il a ajouté ce portail en fer forgé où l’on trouve les initiales B pour Busset et M de Mathieu pour son épouse.

La visite se termine ici, mais pour compléter votre découverte, en période estivale, la visite du Domaine royal de Randan, s'impose.

11 Allée du Mail 63310 Randan
Lat : 46.0197Lng : 3.35663
m
171 j

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