La « Poivrière » de Florenville est exceptionnelle à plus d’un titre. Elle constitue un des très rares exemples de redoutes (postes de guet) conservés en élévation dans la région. Elle semble même être la seule toujours debout au bord de la Semois. Cette petite fortification a été bâtie entre 1706 et 1707, en moellons de calcaire, en même temps que 27 autres redoutes comme le mentionne un mandement de Louis XIV conservé à Paris. Elle servait alors de poste de guet et était intégrée dans une ligne de fortification érigée le long de la rivière de par la volonté même du Roi-Soleil. Elle offre vers le nord une façade semi-circulaire, percée d’une meurtrière et d’une fenêtre. La façade à front de rue est quant à elle percée de deux paires de meurtrières qui devaient flanquer deux portes dans un souci de symétrie. Cette physionomie est caractéristique de l’architecture militaire française de l’époque. L’édifice se situe au sein d’un site classé comprenant plusieurs autres monuments d’intérêt. Juste en face de la Poivrière se trouve le moulin « Marron », construit au début du 19e siècle à l’emplacement de l’ancien moulin banal. Plus haut dans la rue se trouve « la Chaiserie », un ancien moulin du 18e siècle reconverti en fabrique de chaises au 19e siècle. Devenue aujourd’hui une habitation, la maison présente une belle façade en pierre de France. Enfin, en haut, dans la rue de la Culée, la ferme d’En-Bas date de la seconde moitié du 18e siècle.
Classements comme monument et comme site le 9 mars 1994