


Quand on souffrait d’une rage de dents, il était aisé de se diriger directement vers cette fontaine au fond des prés. Mais comment savoir à quelle bonne fontaine s’adresser pour toutes sortes d’autres maux moins évidents à nommer ?
Les habitants consultaient une femme appelée « metteuse de part », « recommandeuse », ou « tireuse de Saints ». On l’appelait la raigonda du temps de M. Delpastre dans la région de Chamberet. Elle prenait une bassine d’eau et y jetait des tisons de noisetiers incandescents. Elle priait les Saints locaux comme Martin, Sagittaire, Eutrope… chacun étant associé à un tison et à une fontaine.
Les tisons qui s’enfonçaient dans l’eau désignaient les sources auprès desquelles le malade devait se rendre pour accomplir les rituels qu’elle lui indiquait. Ces traditions populaires, profondément implantées dans l’imaginaire furent reprises par le christianisme pour imposer un Saint par lieu de dévotion. Elles ont perduré plus longtemps en Limousin car la christianisation y a été très tardive.