




En littérature, la renommée de Maurice Leblanc est tardive. Avant 1905, année de la parution de la première aventure d’Arsène Lupin, l’écrivain normand a publié, sous forme de feuilletons ou en volumes, un nombre important de romans, de recueils de nouvelles ou de contes et légendes. Mais la plupart n’ont obtenu quasiment aucun retentissement immédiat. En 1891, c’est le cas du recueil de nouvelles Des couples, pourtant dédié « au maître Guy de Maupassant ». Une même misérable destinée accompagne les publications, chez l’éditeur Ollendorf, d’Une femme (1893) et de Ceux qui souffrent (1894). Toutefois, certains pairs et confrères font l’éloge des œuvres de Leblanc.
Sur votre chemin, vous allez aussi croiser : La cité-jardin du Trait
La commune du Trait doit son développement à l’implantation des chantiers navals Worms en 1917. Épousant la vallée de la Seine et combinant des bâtiments publics aux logements collectifs ou individuels, la cité-jardin du Trait, est édifiée à partir des années 1920, selon les plans de l’architecte Gustave Majou, afin d’accueillir les employés de l’usine. On retrouve, dans l’organisation de la cité-jardin, la hiérarchie de l’entreprise : dans les hauteurs, les maisons individuelles des cadres, dans le bourg, les petites maisons jumelées ou individuelles des ouvriers. Faux pans de bois, tuiles, toitures débordantes…, tous ces éléments relevant du style régionaliste normand donnent un caractère pittoresque au site.
Une cité-jardin : qu’est-ce que c’est ?
Concept né en Angleterre au début du 20e siècle, la cité-jardin est un modèle d’architecture et d’urbanisme qui propose une nouvelle manière de penser la ville et l’habitat social, en laissant une place importante à la luminosité et à la nature via des espaces verts publics et des jardins privatifs.
« Mon cher Maurice Leblanc, j’espérais vous voir ces jours-ci à quelque chalet du cycle, pour vous remercier de votre livre Les Heures de mystère et vous dire combien le correspondant m’a fait plaisir. Vous appellerai-je digne héritier de Maupassant ? Non, parce que vous êtes un écrivain personnel et que cette métaphore a un peu vieilli. Mais oui, parce que Maupassant avait bien du talent quoi qu’en dise Goncourt, et qu’être son héritier, c’est être riche […] » Jules Renard, 1896.
Mais la roue tourne pour Maurice Leblanc grâce à Pierre Laffite !
Ce dernier est actif dans le milieu sportif comme dans l’univers de l’édition. Dans son nouveau magazine Je sais tout, qu’il créé en 1905, les sujets abordés sont pluriels et les articles de forme variées. Avec cette revue, son objectif principal est avant tout de plaire au public. Pour le 1er numéro de Je sais tout, qui paraît en date du 15 février 1905, Laffitte demande à Leblanc, son ami cycliste et écrivain, de concevoir un récit d’aventures dans l’esprit de Sherlock Holmes. Outre-Manche, ces dernières ont un immense succès. Maurice accepte et rédige alors une courte nouvelle, L’Arrestation d’Arsène Lupin, qui est plébiscitée par les lecteurs. Leblanc venait d’engendrer le personnage du « gentleman cambrioleur » …pour le meilleur comme pour le pire…
Son « poignard d’Ingres »
Si Maurice Leblanc avait nourri le rêve de devenir un écrivain, il ne s’était jamais imaginé devenir un auteur populaire. Son désir le plus profond était d’écrire des romans psychologiques de qualité. Mais les aventures d’Arsène Lupin vont progressivement l’enfermer dans un genre littéraire éloigné de son idéal. « Maurice ne connait guère l’estime de ses confrères […] ce dont il souffre beaucoup. (…) Semblant être victime de son héros, Leblanc finit par désigner Lupin comme son « poignard d’Ingres ». Il détourne ainsi l’expression célèbre du violon d’Ingres désignant un loisir auquel on aime se consacrer. Il se confie au Journal de Rouen en ces termes : « Presque en dehors de moi, ce démon d’Arsène Lupin a pris ma plume…ce brigand a pris possession de ma vie. Parfois je le regrette. »