

Une tourbière est une zone humide, qui s’est installée au fil des millénaires au fond de cuvettes appelées alvéoles. Ces cuvettes imperméables retiennent l’eau des sources et de pluie. C’est à la faveur de cette eau stagnante et dans un contexte de milieu acide que s’installent successivement des végétaux adaptés à ces conditions extrêmes.Les premières à s’installer sont les sphaignes. Ces mousses se comportent comme des éponges, elles se gorgent d’eau. Le sol de la tourbière ne laisse pas place à l’oxygène et donc aux bactéries. La matière organique ne se décompose pas ; la tourbe, sorte de roche fossile, s’accumule millimètre par millimètre. Arrivent ensuite les plantes à rhizomes, comme le trèfle d’eau. Celui-ci crée les conditions d’un premier sol appelé bas-marais ou radeau flottant. Il permet ensuite l’apparition progressive d’autres végétaux. Les carex, qui ressemblent à un jonc, compensent l’absence d’oxygène dans le sol de la tourbière appelé histosol en développant des racines lacunaires. Les linaigrettes possèdent à la fois de très longues racines et ont développé un fruit qui évoque le coton et leur permet de semer plus loin leurs graines emportées par le vent. La médaille de l’adaptation revient à la drosera, cette petite plante carnivore compense le manque de minéraux dans le sol en se nourrissant d’insectes qu’elle piège sur ses feuilles engluées. À mesure que les plantes s’installent, l’épaisseur de tourbe augmente. Progressivement, les végétaux s’éloignent ainsi de la nappe d’eau. Arrivent alors la bruyère à quatre angles, la molinie bleue…