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La seconde guerre mondiale

La seconde guerre mondiale

Crédit : CCHLPP

Lucie Loos, épouse Barth qui habitait rue de Struth a écrit un journal concernant les journées du 21 Novembre à la libération le 3 décembre 1944, écoutez cette habitante vous lire son témoignage :

Si vous souhaitez en savoir davantage sur les moments qui ont précédés puis suivis la libération, lisez ce témoignage d'Irène Dellinger (épouse Schneider) qui habitait et habite toujours rue de la montagne :

On commença à calfeutrer les fenêtres de notre cave avec des sacs de sable, on ferma les volets, on installa un matelas sur les sacs de pommes de terre, des coussins. Le schnaps trouva sa cachette sous les betteraves. Les américains n'étaient plus très loin.
Un beau matin, notre maison, isolée à l'époque, se trouva cernée par plusieurs tanks (allemands) d'artillerie lourde. De là-haut on avait une excellente vue sur toute la vallée. Mon père avait stocké sur l'escalier des sacs remplis de graines pour renforcer notre protection. De la porte de la cave, nous pouvions voir le phosphore descendre comme de la lave de la colline de Hinsbourg (Brunnenberg). Les engins dont nous étions entourés crachaient leur feu dans toutes les directions. Ce furent des moments terribles pour nous. Un tir (américain) fit voler en éclats notre cheminée. Dans la cave tout devint sombre, la poussière et la suie envahirent la cave. Au même instant, un bruissement étouffé inhabituel venait de l’escalier. Nous pensions à un incendie ; mais non, c'était la récolte de blé, les belles graines blondes qui dévalaient l'escalier de marche en marche. Je vis de grosses larmes glisser sur la joue de mon père. Ce fut la première fois que je le voyais pleurer. Pour couronner le tout, un soldat allemand lui dit :"Vous êtes réservistes, il va falloir vous emmener ».Heureusement cela n'arriva pas.
Le lendemain, nous avons constaté les dégâts : plus de cheminée, plus de tuiles sur le toit. A partir des fenêtres de la salle à manger, les allemands tiraient à la mitraillette vers Tieffenbach. Et là nous apprîmes qu'un de leurs chars était bloqué. Un soldat allemand fut grièvement blessé. Mon père lui posa un pansement le mieux qu'il put. Un autre déboula l'escalier en criant WASSER ! (eau en allemand) Nous pensions qu'il demandait de l'eau. En fait c'était le nom du blessé. Il ne put aller très loin et fut tué entre notre maison et celle des Reinberger (actuellement Thumser). Enterré à Hinsbourg, il fut rapatrié plus tard en Allemagne. Notre maison était devenue inhabitable. Nous sommes allés alors nous réfugier chez Sallinger (en bas de la rue de la montagne) Il y avait Charles (Sallinger) les familles Barth, Eich et Besel (Anna Wintzerith) Nous étions bien une vingtaine de personnes. Tout le monde était dans la cave, bien sûr. Il y avait un tank allemand qui passait quatre à cinq fois par jour dans les rues du village et tirait en l'air cinq à dix coups ; c'était pour faire croire aux Américains qu'il y avait encore beaucoup de militaires allemands dans le village. Nous avions laissé chez nous la vache, le cochon, les poules. Il fallait bien les nourrir. Mon père fit la navette, au moins une fois par jour, pour s'en occuper. Un jour on tira sur lui. Il dut se cacher dans la porcherie des Thumser. A partir de ce moment il prit toujours un bâton auquel était accroché un linge blanc, ce qui devait signifier qu'il était un civil. Nous étions bien une vingtaine de personnes dans la cave des Sallinger. Promiscuités, angoisses. Deux jeunes soldats allemands vinrent nous rejoindre et s'allongèrent sur les pommes de terre. Ils en avaient assez de faire la guerre. Alors arriva le Hauptmann et dit "Si vous refusez d'obtempérer, tout le monde sera exécuté, sans exception. Alors, ils partirent. Ils avaient dix-sept ans ...des enfants.
Après deux semaines environ passées dans la cave, les Allemands se retirèrent et on entendit les chars d'assaut des Américains. Le premier jour, nous les enfants étions un peu effrayés par ces hommes noirs. Ils visitèrent chaque maison pour vérifier s'ils n'y trouvaient pas de soldats allemands. Le 3 décembre 1944. JOUR DE LA LIBÉRATION. Tout le monde pleurait de joie. Chez les Sallinger, nous nous sommes régalés avec un bon civet de lapin et des nouilles ; cela nous changeait du lait et du pain sec. Dans la cour, les soldats avaient installé une cuisine en plein air. Ils nous distribuaient des chewing-gums, du chocolat, du savon, des cigarettes pour les garçons. Quant à eux, ils ont découvert le schnaps qui fut fort apprécié. Dans la maison d’Anne Becker, résidait une certaine Madame Orth. C'était la seule personne qui arrivait à parlementer avec les Américains.
Le retour à la maison : partout le sol était jonché de douilles vides. Il y en avait de toutes les tailles. Il fallait parer au plus urgent ; couvrir le toit avec de la paille et des plaques de bitume. Réparer ce qui était abimé, reconstruire. Notre maison a été la première et la plus touchée du village. On s'est mis à l'ouvrage. Sur le terreau des peurs, des chagrins et des larmes, les villageois ont fait refleurir les fleurs de l'espoir. Petit à petit la vie a repris ses droits. Pour moi aussi, je me suis mariée, j'ai eu trois enfants, des petits enfants, des arrière petits-enfants. Au fil de ma vie, ces souvenirs ont été rangés dans un coffre, caché au fond de mon cœur. Je n'y pense pas tous les jours, mais il suffit que je soulève le couvercle, pour qu'ils surgissent comme un film déroule ses images, précises et nettes pour la plupart, un peu floues et lointaines pour d'autres. Je prie notre Seigneur afin que les générations futures n'aient pas à vivre ce que nous avons vécu. Aucune guerre n'est belle, et aujourd'hui, en 2011, ce mot ne devrait plus exister.

Infos techniques

4 Rue de la Montagne
67290 Frohmuhl
Lat : 48.9091Lng : 7.28055
0 m
3 ans

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