
Ici, à la hauteur de ce chemin, passait l’une des voies du chemin de fer du Morbihan, financée à partir de la fin du 19e siècle à 80 % par le département, le reste par les communes. Fort de ses 307 km de voies, le « train patate » comme on le surnommait transportait de tout : voyageurs, bagages, colis postaux, animaux, céréales et autres produits agricoles, matériaux de construction.
Reliant sur cette portion Hennebont à Baud sur une distance de 22 kilomètres, il a fonctionné entre 1923 et 1942. Vite concurrencé par la circulation des véhicules à moteur sur la proche nationale 24, son trafic de marchandises était le plus faible du département. Seulement 388 voyageurs y montèrent au départ du bourg en 1934 pour par exemple 9 358 de la gare de Plouay la même année.
Il y avait deux autres arrêts sur ce parcours à Kerblayo avant Hennebont et à Saint-Nicolas. L’arrêt dit de Saint-Nicolas se situait en fait à 400 mètres d’ici à Lann Menhir au niveau du café Le Belleguic. Un simple panneau au bord de la voie donnait la démarche à suivre : « SAINT-NICOLAS Les voyageurs qui voudront monter dans le train devront se tenir près de ce poteau et faire signe au mécanicien d’arrêter ». Retrouvé chez un brocanteur, il a été réimplanté près de la chapelle Saint-Nicolas.
En partie démantelé par les Allemands qui transformèrent les rails pour construire le béton armé de la base de Keroman à Lorient, le chemin de la voie, encore bien visible sur les photos aériennes des années 1950, a été détruit lors du remembrement vers 1970. Des portions des voies étaient déjà privatisées, vendues aux propriétaires des parcelles riveraines.