Au débouché du canal de Savières — trois horizons s'ouvrent
À l'issue du canal, le lac du Bourget se déploie d'un seul tenant. Avant de choisir une direction, posez les pagaies un instant : face au sud, par temps clair, la chaîne de Belledonne ferme l'horizon à plus de 50 kilomètres, ses crêtes enneigées suspendues au-dessus de l'eau. C'est l'un des panoramas les plus saisissants de tout le parcours. Vous pouvez faire demi-tour ici, et réemprunter le canal pour rejoindre Chanaz.
La rive des lônes et de l'histoire
Tournez à gauche pour rejoindre la rive sauvoyarde nord. La pagaie longe d'abord les lônes de Chautagne, bras secondaires enchevêtrés dans la roselière, où le Castor d'Europe a laissé ses traces. On cherchera ensuite les vestiges des cités lacustres palafittiques, témoins silencieux d'une occupation humaine vieille de plusieurs millénaires. Le village de Châtillon ouvre une parenthèse terrestre bienvenue — le pont de fer marque la limite du chenal navigable vers Chanaz. On ne manquera pas de lever les yeux sur la statue de Lamartine, qui veille sur ces eaux dont le poète fit l'une des métaphores les plus célèbres de la littérature française.
La côte sauvage et l'abbaye
Tournez à droite pour longer la rive sud du lac. Les roselières accompagnent les premiers kilomètres, refuge à l'avifaune. Une halte s'impose à Conjux, où le camping permet un bivouac au bord de l'eau. Vers le sud, le château rose apparaît en lisière de forêt, puis la grotte Raphaël creuse ses voûtes dans la falaise calcaire. L'abbaye d'Hautecombe est un arrêt incontournable : nécropole des princes de la maison de Savoie, elle domine le lac depuis le XIIe siècle et se visite à pied depuis la berge. La côte sauvage se prolonge ensuite vers le Bourget-du-Lac, au fil d'une rive préservée, sans route, accessible uniquement par l'eau ou à pied — un rare privilège.