

Au début du 13è siècle, la famille Farcy construisit un pont de pierre sur la Vire. Un bourg peu à peu s’installa, et en bord de Vire devint un centre de commerce prospère, une halte connue des voyageurs. De petites barges à fond plat et de petites embarcations circulaient fréquemment sur la Vire.
En 1861, de grands travaux ont eu lieu sur la Vire . Un canal a été ouvert permettant un accès praticable de la côte à Pont-Farcy. 19 écluses se succédaient, permettant à des péniches ou des barges d’y naviguer, tractées par des chevaux, voire des hommes, sur le chemin de halage.
La marchandise transportée était essentiellement la chaux extraite des roches calcaires du nord de St Lô, et des engrais naturels.
« Cette chaux allait transformer la vie et le paysage du bocage virois, permettant aux agriculteurs de développer l'élevage laitier intensif que nous connaissons aujourd'hui et qui, au XIXe siècle, produisait des produits laitiers de renommée mondiale tels que le beurre normand et le camembert. Les péniches ne revenaient cependant pas les mains vides. Le granit de Vire était transporté par voie terrestre jusqu'à Pont-Farcy, puis acheminé par bateau en aval, avec d'importantes quantités de schiste local provenant des carrières de Pont-Farcy, comme la carrière Robbe à La Grippe, pour la construction dans des villes en pleine expansion telles que Saint-Lô, qui commençaient à bénéficier de l'industrialisation.
Ainsi, Pont-Farcy devint brièvement un port fluvial animé, où les négociants fournissaient chaux et sable marin aux agriculteurs locaux qui venaient les chercher dans leurs charrettes.
Presque aussitôt après la construction des canaux, le chemin de fer arriva et leur fit concurrence. Au début, il était moins coûteux d'acheminer des marchandises volumineuses et de faible valeur par péniche tirée par des chevaux. Le chemin de fer, plus onéreux, n'était avantageux que lorsque la rapidité était primordiale et pour le transport de marchandises de grande valeur, comme les denrées périssables telles que la viande ou les produits laitiers.
Mais bientôt, le coût du transport ferroviaire de passagers et de marchandises chuta et les petits canaux périclitèrent peu à peu. Un faible trafic subsistait sur le canal après la Première Guerre mondiale. L’activité du port de Pont-Farcy était en net déclin.. » Source www.christopherlong.co.uk
Simultanément, aux 18e et 19e siècles, Pont-Farcy fut un centre renommé d’assemblage d’horloges.
Idéalement situé sur la route reliant Caen et Bayeux à la Bretagne, le bourgétait un point de passage incontournable. Placé à la conjonction des voies de communication par lesquelles transitaient métaux et marchandises, Pont-Farcy se situait à moins de vingt kilomètres de Villedieu-les-Poêles, où fondeurs et dinandiers travaillaient le cuivre depuis le moyen-âge…Le savoir-faire des fondeurs et des graveurs de Villedieu, associé à la maitrise du fer établie de longue date à Pont-Farcy, allaient être à l'origine de l'apparition d'une horloge lanterne spécifique à cette région du Cotentin. Aidée par l’énergie motrice de la Vire et la présence de ces voies de communication, soutenue par une forte demande locale, cette activité horlogère allait se développer dès le milieu du XVIIIe pour ne s'éteindre qu'un siècle plus tard. Une clientèle aisée, fortement représentée par les éleveurs bovin locaux, contribua grandement à cet essor; ces derniers bénéficiaient alors de l'important marché de la viande et des produits laitiers qui alimentait la capitale… Le premier quart du XIXesiècle marquera l'apogée de cette production, avant que la concurrence des horloges comtoises industrielles ne se fasse durement ressentir pour conduire cette activité artisanale vers un déclin progressif, puis à son abandon peu après 1850. Source www.horlogesdautrefois.fr
Fait assez original récent, la commune a changé de département ! Autrefois dans le Calvados, elle a été rattachée dans la Manche en 2018, fusionnant avec Tessy-sur Vire et Fervaches, pour former ainsi la commune nouvelle de Tessy Bocage.