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Le presbytère de Bubry

Le presbytère de Bubry
Crédit : Région Bretagne Service Inventaire
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Prenez le temps de vous poser dans le jardin pour écouter l’histoire du presbytère. Il fut édifié dans le premier quart du 18e siècle comme l’indique la date 1702 gravée sur la lucarne centrale. Rectangulaire, en moellons enduits et pierres de taille de granite, l’édifice se compose d’une partie centrale et de deux ailes latérales ouvertes de nombreuses baies réparties en sept travées et surmontées de trois lucarnes. La porte centrale s’ouvre sur un corridor donnant sur deux vastes pièces au rez-de-chaussée et sur un bel escalier central en pierre conduisant à l’étage.

Les nombreuses pièces servaient au recteur, à son vicaire et aux domestiques. Certains se rappellent de leur séances de catéchisme dans la salle du rez-de-chaussée, vaste, mais très froide où trônait à l’approche de Noël un sapin avec pour unique décoration un gros cierge à son pied. En partie restauré, le bâtiment est toujours occupé par le curé de Bubry.

Le presbytère, cerné de hauts murs, conserve aussi à l’Est ses anciens jardins. Divisé au 19e siècle en six parcelles rectangulaires séparées par des allées, le « jardin du curé », associant potager et vergers, assurait l’autarcie du prêtre et de son entourage. Devant le logis, la cour, l’écurie, l’étable, la remise de charrette et le puits à l’architecture soignée complétaient cet ensemble. On y trouve aujourd’hui la cantine et la médiathèque.

Les habitants conservent le souvenir des prêtres qui vécurent ici, comme l’Abbé Audo auteur de l’ouvrage « Histoire du Vieux Bubry » en 1981. Mais peu savent que travailla ici en 1833 et 1834 Hélène Jégado, la plus connue des empoisonneuses bretonnes et l’une des plus grandes tueuses de l’histoire. Pendant 18 ans au milieu du 19e siècle, elle empoisonna une soixantaine de personnes. Elle fut jugée à Rennes en 1851 et exécutée le 26 février 1852. Elle utilisait plantes et poisons que les juges du procès eurent du mal à identifier. Ses victimes souffrirent de coliques et vomissements, parfois mortels, après l’ingestion de tisanes et soupes de sa composition.

Hélène Jégado, d’abord employée au presbytère de Guern où décédèrent sept personnes durant son séjour, entra au service du curé de Bubry, M. Lorho en 1833 au poste de cuisinière. Elle y rejoignit sa tante Marie-Jeanne Liscoët, aussi cuisinière. Durant son passage à Bubry, cinq personnes tombèrent malades et trois en décédèrent : Jeanne-Marie Lorho, sœur du curé, Jeanne-Marie Kerfontain, nièce du curé et Marie-Jeanne Liscoët, sa tante. Elle fit une quatrième victime en juin 1836 en la personne de M. Keraly. Convalescent dans son château de Kernivinen, ses filles gagèrent Hélène Jégado à Pontivy pour s’occuper de lui. Après son arrivée, son état s’aggrava. En juin, il rentra dans sa demeure d’Hennebont où il décéda.

Informations techniques

Lat, Lng
47.9640658-3.1732947
Coordonnées copiées
Altitude
107 m
Point d'intérêt mis à jour le 30/04/2026

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