
Ce bois pentu en contrebas des villages de Manebutur et Stang er Borel était autrefois essentiellement une lande. L’agriculture traditionnelle, pauvre en fertilisant, exploitait tous les avantages qu’offrait la nature. Ici, on ramassait les feuilles et les fougères pour servir de litière. On récoltait pommes et poires tardives. Ces variétés anciennes et rustiques se conservaient longtemps en hiver. Ill fallait faire murir dans le grain la per segal et manger doucement la per tag, du mot breton tagiñ, s’étrangler. Plus bas, les vaches paissaient dans les prés. Les tâches quotidiennes, pourtant physiques, devenaient un jeu pour les enfants, mis tout jeunes à contribution. C’est eux qui descendaient et remontaient la brouette de linge entre le village et le lavoir tout en bas de la pente.