


Ce singulier petit monument funéraire de style Empire a été érigé en 1809 par les enfants de Clément Louis Belle (1722-1806) et de son épouse Madeleine de Rossi.
Peintre et professeur de dessin, Clément Louis Belle fut une figure marquante de la Manufacture des Gobelins, dont il devint l’inspecteur en 1755, puis l’administrateur en 1794. Dans le contexte de la Révolution, il fit brûler toutes les tapisseries ornées d’une fleur de lys, symbole de la monarchie.
La raison de la présence de son monument funéraire à Saint-Mandé demeure un mystère historique. Initialement inhumé au cimetière Sainte-Catherine (5e arrondissement), sa dépouille fut transférée en 1824 lors de la fermeture de ce dernier. Alors que d'autres monuments du même cimetière furent déplacés au musée Carnavalet ou au cimetière du Montparnasse, le choix de Saint-Mandé pour la famille Belle reste inexpliqué.
L'esthétique du monument témoigne d'une grande finesse. Sur une face : les époux Belle sont représentés de profil en médaillon. Sur l'autre face : un bas-relief représente un pélican nourrissant ses petits de ses propres entrailles. Allégorie du sacrifice parental, cette image possède également une profonde signification chrétienne. Le pélican est l'un des symboles du Christ nourrissant les hommes de son corps et de son sang, faisant directement écho au sacrement de l’Eucharistie. Ce motif souligne ici la noblesse d’un amour qui se donne entièrement pour les siens.
Deux inscriptions complètent cet hommage au don de soi : « Pour conserver les jours de leurs enfants, ils auraient sacrifié les leurs » et « Vivants : de tous honorés et chéris. Morts : de tous regrettés ».
Accès libre.
Etablissement Public territorial Paris Est Marne et Bois - 05/10/2026
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