
Depuis le Hévédic, vous suivez l’une des voies qu’empruntaient les paysans des environs pour venir moudre leur grain au moulin du Bodery. En activité au moins dès le 18e siècle, il décline après 1950. Aujourd’hui, on peut apercevoir le corps principal du moulin avec l’emplacement des axes des roues, les meules, quelques éléments des mécanismes et le canal de dérivation. L’eau du ruisseau, captée en amont, faisait tourner un astucieux système de deux roues à aube en escalier, disposées l’une sur l’autre, pour compenser le faible débit d’eau.
Les roues mettaient en mouvement un système d’engrenages qui actionnait les meules. Le grain était écrasé entre la meule dormante fixe et la meule tournante dans un coffre en bois appelé archure. On remarque, posées dans l’herbe, deux meules différentes. La première, en granite monolithe, est supplantée par la seconde au 18e siècle. Les meules composites à carreaux, plus faciles à produire, étaient fabriquées en Seine-et-Marne et exportées dans l’Europe entière. Agglomérant plusieurs quartiers de pierres de duretés différentes, granite et quartzite par exemple, cimentées de plâtre et cerclées de bandes de fer à chaud, elles étaient souvent acheminées en kit et montées sur place.