
Préservée dans son jus, la modeste fontaine de Kerandiot donne un aperçu des aménagements autour des sources, vitales à la vie domestique des villages avant l’arrivée de l’eau au robinet dans les années 1960. Délimitée par des pierres de taille mises de chant, dont une taillée en biseau révélant un remploi, elle se prolonge d’un bassin allant en s’élargissant aussi délimité par des pierres. Il faisait probablement office de lavoir comme le laisse penser la pierre inclinée près de la source, mais peut-être également d’abreuvoir.
Cette fontaine figure sur le cadastre napoléonien de Calan en 1843 qui répertorie douze sources. Il est vraisemblable qu’il y en avait au moins une par hameau. Une seule à Kerguéris est citée comme lavoir, rappelant que ces bassins rectangulaires se sont surtout développés après 1851, suite aux aides attribué par l’Etat pour leur construction.
Situées en contrebas des hameaux dans les zones humides, difficiles d’accès, les sources vont aussi être concurrencées par les puits édifiés par les sourciers maçons près des maisons. Curieusement, pas un ne figure sur le cadastre de Calan en 1843. Pourtant, parmi les douze encore là, certains sont plus anciens, comme celui de Poulgourio portant la date 1776 sur son linteau. Si les inventaires réalisés dans les communes avoisinantes confirment que la construction des puits s’intensifie, comme pour les lavoirs, après 1850, les conditions de l’inventaire du cadastre, plus ou moins précis d’une commune à l’autre, peut-être aussi la défiance de la population vis-à-vis des enquêteurs, peuvent expliquer ces manques.