
Récemment étoffé de constructions neuves, Kerihuel, le « village du haut », conserve un bâti ancien, en partie transformé lors du renouvellement du bâti rural aux 19e et 20e siècles. Ces maisons, reconnaissables à leurs ouvertures rectangulaires symétriques et normalisées, réutilisent parfois des baies plus anciennes. On les retrouve sur d’autres demeures : porte en anse de panier et fenêtres des 16e et 17e siècle, en arc segmentaire de la seconde moitié du 18e siècle. En 1843, ce hameau comporte quatorze constructions. Plusieurs longères, regroupées autour de cours, confirment l’existence de six ou sept fermes. Le four à pain, avec sa gueule en arc surbaissé, est déjà là également. Situé au cœur de Kerihuel, ce commun de village servait à tous. Chaque famille devait fournir tour à tour le fagot de bois ou de lande et gérer le feu, avant que chacun y enfourne sa pâte.
L’analyse des cadastres napoléoniens des environs révèle que ce bâti est très courant au 19e siècle. Les villages les plus importants en ont parfois plusieurs. En 1843, Calan compte 26 fours, bourg compris, soit près d’un par hameau. L’un d’eux, signalé en jaune à Poulgourio, est en ruine, attestant que les fours à pain sont déjà courants au 18e siècle. Un autre, à Kercrohennec, prolongé d’un abri, est de type grange four. D’autres sont édifiés après cette date, comme celui du village de Kergarenne.
Devenus inutiles au 20e siècle, beaucoup ont été détruits. Il en reste dix à Calan, dont trois dans le bourg. Trois d’entre eux sont de type grange-four. Il est capital de préserver ces édifices faisant appel à la technicité des artisans maçons d’autrefois. Une fois la base des murs de la « chapelle » construits, on montait un dôme de terre qui servait à guider la construction de la coupole. La terre était ensuite évacuée par la gueule. La sole était en terre battue ou dallée de pierres. Plusieurs furent pavées de briques réfractaires fin 19e-début 20e siècle pour augmenter leur capacité de chauffe.