
Associée à la chapelle Saint-Trémeur édifiée sur la colline, cette fontaine mur triangulaire abrite dans une niche la statue de saint Trémeur, identifiable à son corps sans tête, ici tenue sous le bras. Ce saint connut un terrible destin. Fils du roi Conomor qui régnait sur la Cornouaille et le Poher au 11e siècle, lui et sa mère, sainte Tréphine, furent décapités par son père à qui l’on avait prédit qu’il périrait de la main de son fils.
Au-dessus de la niche, décorée à sa base de trois masques humains, une pierre gravée indique que la fontaine fut construite en 1719 par un TRESORIER au nom difficilement lisible. Il s’agit du trésorier du conseil de fabrique, composé de prêtres et de laïcs, administrant les finances de la chapelle. Ils furent aidés dans ce projet par un seigneur local dont les armes, aussi apposées sur la chapelle, figurent sur le fronton.
L’eau de la source s’écoule du bassin rectangulaire par un canal alimentant un petit bassin avant de s’élargir pour former un ruisseau. Très courants, ces bassins, souvent circulaires, servaient dit-on, à rincer le cul du seau avant de puiser l’eau pour ne pas souiller la source. Peut-être y venait-on également y boire l’eau de saint Trémeur afin de guérir ses maux de tête ! Il était en tout cas prié pour cette raison, en lien évidemment avec sa décapitation. Saint Avertin, aussi présent autrefois dans la chapelle, était lui aussi prié pour ces mêmes maux.