
Au 12e siècle, seule la partie est de l'île était habitée (Locmaria, Lomener, Loctudy) ce qu'on appelle "Primiture". Petit à petit des familles sont envoyées cultiver le reste de l'île, à l'ouest "Piwisy". Un document de 1388 détaille les nouvelles fermes qui deviendront des villages : Kerlard, Kervedan, Kerampoulo
On dit qu'à Piwisi on parlait « gravelec », plus rustre. À Primiture, longtemps sous tutelle ecclésiastique, on parlait plus fin, plus élégamment. Les anciens groisillons racontent "j'ai connu quelques garçons de l'autre bout ne baragouinant qu'un français pollué de mots bretons. Ils passaient, aux yeux des enfants du Bourg pour des arriérés".
La vie est plus facile aussi du côté est qui regorge de ports et de criques, et se développe avec les pêcheries de Locmaria au 13e siècle, puis avec la presse à sardine de Port-Tudy, en 1670. L'ouest sera équipé plus tard en routes goudronnées et en électricité.
S'ancre alors l'idée de deux sociétés : l'une plus paysanne et plus rustre à Piwisi, l'autre plus maritime et plus riche à Primiture. Or, les hommes étaient marins aussi bien à Primiture qu'à Piwisi. Et partout, les femmes travaillaient la terre.
Source : Histoire de l'île de Groix par P.Leplat et Enguerrand.