
En longeant cette rue, vous êtes passés à côté de l’ancien tracé du rempart. Dans le mur, on peut encore deviner des ouvertures ayant servi d’archères, dont certaines sont aujourd’hui bouchées.
Prenez le temps d’écouter le bruit de l’eau qui court… Vous êtes ici dans l’ancien quartier des moulins.
Le canal communal, dont on a parlé au lavoir, servait à alimenter les moulins, scieries et draperies, depuis le XIVe siècle.
Des moulins pour produire quoi ?
Le territoire d’Annot se situe à la limite climatique où s’arrête la culture de l’olivier. En revanche, les noyers y poussent en abondance. La récolte des noix permet de produire une huile de qualité. Contrairement à l’huile d’olive, l’huile de noix craint la cuisson et rancit d’une année sur l’autre, mais elle peut être utilisée pour les lampes à huile.
Jusqu’au début du XXe siècle, les habitants produisent aussi une huile à partir des faînes de hêtre. Les faines de hêtre sont les petites graines que l’on trouve dans les bogues des hêtres à l’automne. Après séchage et broyage, elles donnent une huile comestible, au goût délicat de noisette et capable de se conserver très longtemps et même de se bonifier avec le temps ! Cette huile sert d’abord en cuisine. Quand elle n’est plus bonne à consommer, elle peut servir à graisser les machines des moulins d’Annot car son extrême fluidité permet à la fois de lubrifier et de nettoyer les engrenages. Aujourd’hui, cette production s’est perdue.
En bas de la rue des Moulins, se trouve un des plus anciens moulins à farine de la ville. Il est resté en activité jusqu’aux années 1950.