









Devant vous, au second plan, le panorama est à couper le souffle avec l’entrée des Gorges du Verdon. Au premier plan, se dresse un bâti particulier appelé « colombier ».
Le terme pigeonnier est couramment utilisé pour désigner une construction destinée à abriter des pigeons. Le terme de colombier désigne plus spécifiquement un bâtiment isolé en forme de tour.
Adossé à un talus, le bâtiment est construit sur un plan dit en fer à cheval, en moellons de calcaire.
Attention, le pigeonnier appartient à un particulier et ne se visite pas.
Cet édifice nous rappelle le passé agricole du village de Rougon. Le relief est raide dans les gorges du Verdon, et pour cultiver il a fallu construire des murs de terrasses, appelés parfois restanques ou bancau (prononcée bancaou), afin de créer des replats dans la pente. En regardant attentivement, vous arrivez encore à lire cette organisation en étagement qui donne parfois l’impression de lignes zigzagant jusqu’au sommet des montagnes.
L'ancienne économie agricole était basée sur la culture du blé et des légumineuses sèches, complétée par du maraîchage dans les jardins irrigués. On trouvait également de nombreux fruitiers, surtout pruniers, noyers et amandiers. Les pentes du Mourre de Chanier et autour du plateau de Suech, étaient pâturées par des troupeaux de moutons et le sont encore aujourd’hui.
La lavande fine était ramassée sur les hauteurs,« au sauvage ». Un câble sur lequel était accroché un bac permettait de descendre la lavande cueillie dans les montagnes, depuis le plateau de Suech jusqu’au village. La lavande était ensuite amenée à Comps, village voisin en rive gauche du Verdon pour y être distillée. L’huile essentielle de lavande fine était achetée par les parfumeurs de Grasse.
Aujourd'hui, l'activité agricole et d’élevage perdure. Le village vit aussi de l'économie touristique qui s’est développée à partir des années 1960.