Saint Méen, moine breton du VIᵉ siècle, était invoqué contre les maladies de peau, en particulier celles des mains — ce qui explique l’expression ancienne de « demoiselle de saint Méen » pour désigner une galeuse. Son nom, Méen ou Meven en breton, se prononce comme « main », renforçant son lien symbolique avec ces affections. Il est honoré dans plusieurs régions de Bretagne, et jusqu’en Belgique, parfois sous des identités différentes. Selon la légende, il aurait tué un dragon en Anjou lors d’un pèlerinage à Rome.
À Haraucourt, il est le saint protecteur du village où son culte a connu une grande ferveur : le pèlerinage annuel pouvait attirer jusqu’à 10 000 fidèles. On venait de loin implorer la guérison. Mais, comme les résultats tardaient à venir, on remplaça la petite statue du saint par une plus grande, en plâtre. Le pèlerinage reprit de plus belle… avant de péricliter. Plus tard, la statue fut retrouvée au fond d’un puits, décapitée et sans mains. Les enfants du village l’avaient surnommée avec malice « Sans Mains ».