
Située en contrebas de l’ancien puissant château féodal, l’église de MONTFORT placée sous le vocable de Saint Pierre et Saint Paul fut donnée à l’abbaye du Bec Hellouin par Robert I, Seigneur de MONTFORT en l’an 1097.
L’église fut en effet édifiée à la fin du XIème siècle ; mais aujourd’hui, seule une partie de son chevet date de cette époque.
La tour fut remaniée au XIIIème siècle et son silex à parements n’est pas sans rappeler une partie de l’ancien château médieval. La nef fut pratiquement totalement reconstruite au XVIIIème siècle, les briques intercalées dans la maçonnerie indiquent les nombreuses réparations.
Précisons qu’en 1562, l’église fut pillée et saccagée à maintes reprises lors des guerres de religion au moment ou se produisait le mouvement insurrectionnel des huguenots.
Notons également qu’à proximité immèdiate de l’église, existait la chapelle Notre Dame de Montfort. Propriété de Louis XI et de Jeanne de France jusqu’en 1553, il y fut établit une communauté religieuse de pères Oratoriens, puis des sœurs Annonciades de Gisors en 1639. L’église paroissiale était alors en très mauvais état et pour cause d’insécurité l’office n’y était plus célébré.
Pourtant à la suite de nombreuses polémiques opposant le curé, les paroissiens et l’ordre des Annonciades, il fut décidé en 1771 de réhabiliter l’église pour y célébrer le culte et par la même occasion de raser l’ancienne chapelle royale.
et son architecture ?
La tour présente des réminescences de style roman; en silex à parements flanquée de quatre contreforts disposés deux par deux à chaque angle, elle s’accole à l’église du côté sud contre le cœur.
L’ensemble se compose d’un rez de chaussée et deux étages, la flèche en charpente recouverte d’ardoise abrite le beffroi.
Une meurtrière haute d’un mètre et large d’un décimètre existe au rez de chaussée ; elle est bouchée et accompagnée de pierres singulièrement agencées.
Au premier étage est une ouverture ogivale du XIIIème siècle, c’est une lancette à arcature ornée de dents de scie.
Au deuxième étage sont deux ouvertures cintrées avec de grosses colonettes à chapiteaux saillants.
Le dernier niveau constitué du beffroi comprend trois cloches:
La première cloche de 1744 fut bénie par Monseigneur Benoit Baudry de la Pescherie, curé du Bec Hellouin et fut nommée “ Marie Claude Suzanne Pierre ”par la noble dame Claude Suzanne du Fay de Maulévrier.
La seconde de 1744 également, dite cloche de Glos parce qu’à la révolution elle fut enlevée de l’église de Glos sur Risle et apportée à Montfort.Bénie et nommée « Charlotte Magdeleine » par Jean Guillaume Peley prêtre de Glos et par noble dame Magdeleine de Rupierre .
La troisième de 1954 porte l’inscription suivante : « j’ai été bénite par son excellence Gaudron évêque d’Evreux et nommée « Marie Louise » par la comtesse Emmanuel de Levis Mirepoix Princesse de Robech et par Jean Neufville.
Le chœur plus étroit que la nef ne forme pas une ligne droite avec elle, l’arc triomphal est une grande ogive aiguë et très élevée. Le Christ au sommet de la poutre de gloire en fer forge date du XVII ou XVIIIème. Le portail du XVIème siècle offre une porte carrée surmontée d’une ogive à trois meneaux en pierre.
A l’extérieur de l’église, parmi les trois statues en pierre, noter la vierge à l’enfant du XVIIème conservant des traces de polychromie. Le grand vitrail au dessus de la porte (XIXème) représente plusieurs saints.