Le bâtiment devant lequel vous vous trouvez est l’un des nombreux exemples de la prospérité économique que connaît Vic-en-Bigorre au XVIIIe siècle. Construit en 1770 par Clément-Xavier de Pujo, marquis de Lafitole, le bâtiment est vendu à Mme de Journet en 1789. La veuve de l’intendant de la généralité d’Auch y tient des salons monarchistes pendant la période révolutionnaire. Les aristocrates locaux, réfractaires aux nouvelles idées, s’y réunissent afin de célébrer les échecs de la République. Cette attitude antirévolutionnaire vaut à Mme de Journet d’être inscrite sur la liste dite « des 43 suspectes ». À sa mort, en 1838, l’Hôtel revient à sa nièce et à son mari qui n’y habitent pas et qui la louent à la ville pour y loger une compagnie d’infanterie. En 1849, la ville rachète le bâtiment, et loge les garnisons, mais, deux ans plus tard, les militaires sont déjà partis. Ce n’est alors qu’en 1858 que l’hospice civil est transféré dans le corps principal des logis, alors que les communs servent à l’école et à la gendarmerie. Aujourd’hui, le bâtiment fait partie du centre hospitalier de Bigorre. Les toitures, les façades, les salles des malades et, surtout, le salon d’honneur, belles réussites du XVIIIe siècle pyrénéen avec ses boiseries, sont classées Monuments Historiques depuis 1977 (restaurées en 2008).