


C’est le premier bâtiment de l’architecte Arthur Snyers que nous rencontrons dans ce circuit. Le vaste complexe a été construit en 1901-1902 entre la rue Cathédrale et la rue Florimont pour abriter le commerce d’articles ménagers de Victor Mailleux. La façade de la rue de la Cathédrale devait marquer les esprits par son aspect radicalement moderne : structure portante en métal apparente, immenses baies vitrées (seuls les châssis du fronton courbe semblent encore d’origine), briques émaillées blanches sous l’oriel… Les consoles de support de ce dernier sont particulièrement intéressantes, avec leur résille métallique se terminant par des lignes en ‘coup-de-fouet’. Ce motif, véritable signature de l’Art nouveau belge, se retrouve également sur les consoles et les garde-corps de la façade de la rue Florimont, de l’autre côté de l’îlot. Le reste de cette façade est traité de manière plus classique, avec par exemple des lucarnes néo-renaissantes. Le bâtiment situé de l’autre côté de la rue cathédrale, au n°54, présente quelques traits Art nouveau au niveau des décors en pierre. L’élément le plus intéressant est le panneau décoratif réalisé sur base de la technique du sgraffite, qui représente en son centre le buste du dieu Hermès ou Mercure, identifiable par son casque ailé et son bâton (que nous avions déjà vu sur le n°4 de la même rue). Le profil se détache sur fond de soleil rayonnant et d’entrelacs de rameaux de marronniers, deux motifs fréquents dans les représentations Art nouveau.