




Dès la fin du XVIIe siècle, des guinguettes s'établissent à Belleville et à Montmartre. Puis à partir de 1860, les établissements se déplacent vers les bords de Seine et de Marne afin d'éviter l'octroi, taxe sur les marchandises qui entrent dans Paris.
Au XIXe siècle, l'attrait de la campagne accessible depuis Paris par le chemin de fer de la Bastille mis en service en 1859, amène le développement d'un tourisme des bords de Marne. Les parisiens arrivent gare de Nogent-sur-Marne et des bacs assurent la traversée de la Marne entre les rives de Nogent et de Joinville.
Après une première guinguette sur l'île Fanac "Chez Jullien", une péniche s'installe dans les années 1880 sur le quai de Polangis. En 1914, la péniche est démolie suite à un incendie. Un certain Eugène Favreux, dit Gégène, installe à cet endroit une baraque à frites puis construit un bâtiment en dur. Son activité de restauration prend de l'ampleur lorsqu'il assure la cantine des studios de Joinville, ce qui lui permet de lier connaissance avec les vedettes de l'époque. Son établissement devient vite un lieu à la mode. De là vient, dans les années 1950, la chanson "A Joinville le Pont", écrite et chantée par Roger Pierre et Jean-Marc Thibault et qui sera reprise par Bourvil.
Les Années Folles battent leur plein. Les bals et les restaurants sont très fréquentés dès les beaux jours et les guinguettes se multiplient (près de 200 en 10 ans sur 25 km de bords de Marne). On y danse, on y joue aux boules, on s'amuse sur les balançoires et on y boit un petit vin blanc local, le Guinguet qui donnera son nom à ces établissements. On y exerce aussi des activités liées à la rivière comme le canotage, la natation, l'aviron ou la pêche. Gégène se démarque de ses concurrents en proposant des spectacles inédits et originaux ainsi que des promenades à dos de dromadaire ou la possibilité d'affronter un ancien champion de boxe sur un ring !
Sur les rives de Joinville et de Nogent, les guinguettes ont pour nom "L'Elysée Palace", "Convert", "Le Petit Robinson", "Pompéi", "Le Printania", "La Pomme d'Api", "Moulin d'Alby", "Le Petit Tambour",...
Dans les années 1960, c'est le déclin, les 3/4 des guinguettes ferment. Gégène est la seule guinguette qui n'a jamais fermé depuis son ouverture en 1918. Sur les quais de Joinville subsistent aussi de nos jours les bâtiments de "La Pomme d'Api" devenu l'ANAS (association de la police) situé au niveau du petit bras de Polangis et le restaurant La Goulue, face au port.
Suite du parcours : continuer le long de la Marne jusqu'aux bâtiments de l'US METRO à l'angle de l'avenue d'Alger.