Calais au cœur du conflit : une position stratégique decisive
La géographie a fait de Calais un enjeu militaire de premier ordre. À moins de 35 kilomètres des côtes britanniques, la ville et son port représentaient pour l'Allemagne nazie une tête de pont idéale pour surveiller, bombarder et éventuellement envahir l'Angleterre. C'est ce contexte qui explique l'intensité de ce que les habitants ont traversé entre 1939 et la libération de septembre 1944.
En mai 1940, lors de la bataille de Calais, quelques milliers de soldats franco-britanniques ont retardé pendant cinq jours l'avancée de la 10e division Panzer. Ce sacrifice a contribué à préserver le corridor de Dunkerque, rendant possible l'évacuation de plus de 330 000 soldats alliés lors de l'opération Dynamo. Le musée replace cet épisode dans toute son ampleur, souvent méconnu au regard de l'attention portée à Dunkerque.
Un parcours en 23 salles, du débarquement allemand à la libération
Le visiteur progresse dans un ordre rigoureusement chronologique, depuis l'invasion de mai 1940 jusqu'à l'entrée des troupes canadiennes dans la ville le 30 septembre 1944. Ce fil directeur donne une lisibilité immédiate à une période de quatre années denses, sans jamais sacrifier la profondeur thématique.
Parmi les temps forts du parcours : une salle consacrée à la bataille aérienne de l'été 1940 — première grande confrontation aérienne de l'histoire — avec les moteurs authentiques d'un Spitfire et d'un Messerschmitt Bf 109 ; des espaces dédiés à la vie sous l'Occupation, à la Résistance calaisienne, aux prisonniers de guerre et aux batteries côtières qui hérissaient alors tout le littoral. Une salle évoque également Charles de Gaulle et Yvonne Vendroux, native de Calais, à travers des documents et photographies de leurs visites officielles dans la ville.
Les collections rassemblent plus de 60 uniformes issus de différentes armées, des armes et équipements militaires d'époque, des centaines de photographies, affiches et coupures de presse qui reconstituent le quotidien des Calaisiens sous la botte de l'occupant.
Rare exemple de site muséal occupant son cadre d'origine, le Musée Mémoire 39-45 de Calais prend place dans le bunker même où s'exerçait le commandement de la marine de guerre allemande entre 1941 et 1944. Dissimulé sous les arbres du parc Saint-Pierre, ce bâtiment en béton armé de 94 mètres de long est considéré comme le plus long ouvrage de ce type érigé par l'occupant en Europe. Épargné par les bombardements massifs qui ont rasé les trois quarts du centre-ville, il est passé presque intact de l'Occupation à nos jours, avant d'être reconverti en espace culturel dès 1962.
Visiter ce musée, c'est donc moins parcourir une reconstitution qu'entrer dans un espace qui a réellement fonctionné sous l'Occupation : les salles de travail, les chambres des marins, le central téléphonique de la Kriegsmarine — tout cela s'est passé ici, entre ces murs épais conçus pour résister aux bombes alliées.
Fermé du 30/11 au 01/02
Du 01/02 au 31/03 et du 01/10 au 30/11 : 11h-17h (fermé mar. et dim.)
Du 01/05 au 30/09 : 10h-18h tlj
Téléphone(s): 03 21 34 21 57
Mél(s): museedelaguerredecalais@wanadoo.fr