
Ce quartier se trouvait déjà en grande partie sur le territoire de Vincennes avant l’extension territoriale de 1829. Il était seulement traversé par la rue du Moulin (aujourd’hui rue Jean-Moulin) qui se prolongeait sur le territoire de Montreuil. Il n’y avait alors presque aucune construction dans ce secteur qui était pour une grande part divisé en quelques vastes parcelles, sauf le long de la rue de Montreuil.
De grandes propriétés disparurent pour laisser passer la ligne de chemin de fer, ouverte en 1859.
Peu après l'ouverture de la ligne de chemin de fer Paris-Bastille-La Varenne, le docteur Lebel, médecin vincennois, fit percer à proximité de la gare plusieurs rues dont celle qui porte aujourd'hui son nom et qui reliait la tranchée du chemin de fer à l’avenue de Paris.
Cette première trame urbaine dénommée "quartier Lebel" sur le plan cadastral de 1878, devint le "quartier Centre" à la suite d'une nouvelle opération au début du 20ème siècle.
Le projet, mené par Charles Huguin, conseiller municipal, ingénieur-géomètre et futur maire de Vincennes permit à ce quartier, particulièrement attractif grâce à la proximité du chemin de fer, de prendre son véritable essor.
Cette opération mobilisa des architectes comme Georges Malo et Émile Laurent, déjà très présents dans d'autres quartiers de Vincennes et qui souvent agirent pour leur propre compte, endossant tout à la fois les rôles d’architecte et de promoteur.
C’est à ce moment-là que furent percées les rues Eugénie-Gérard, Villebois-Mareuil, du Chemin-de-Fer (actuelle rue d’Estienne-d’Orves) et Lamartine qui permirent ainsi de quadriller l’espace en dégageant une liaison vers la gare. L'étroitesse volontaire de ces nouvelles rues permit de rentabiliser de façon optimale le potentiel immobilier de cette opération.
Puis un projet d'urbanisation lancé en 1902 en démantela beaucoup d'autres. Jardins, potagers, serres, volières et bassins disparurent au profit de hauts immeubles cossus et de coquets pavillons édifiés à l'aplomb des voies nouvellement percées.