







L’histoire de l’abbaye de Saint-Maur est complexe et tourmentée. Elle débute en 639 lorsque la régente Nanthilde (veuve du roi Dagobert) souhaite la fondation d’un monastère dédié à saint Pierre, saint Paul et à la Vierge. Ce premier ermitage, appelé alors « Saint-Pierre de Fossez » a pour abbé Babolein. En 868, alors que son trésor a été détruit, le monastère reçoit de l’abbaye de Glanfeuil (aujourd’hui Saint-Maur-sur-Loire) et à l’initiative de Charles le Chauve, les reliques de saint Maur, disciple de saint Benoît. Un pèlerinage, dédié à saint Maur, Notre-Dame des Miracles et saint Babolein, émerge et conduit au XIIIe siècle au changement de vocable de l’abbaye qui devient « Saint-Maur de Fossez ».
Ces évènements marquent le début d’un âge d’or tant intellectuel, spirituel qu’économique. Des campagnes de reconstruction sont initiées. L’école monastique se développe de même que le scriptorium, atelier où les moines réalisent des manuscrits dont témoignent les pièces exceptionnelles maintenant conservées à la Bibliothèque nationale de France et à la médiathèque de Troyes.
Lorsque la guerre de Cent Ans éclate au XIVe siècle, l’abbaye est ruinée et connaît dès lors un long déclin. De cette époque, subsiste la tour Rabelais.
Entre 1533 et 1536, l’abbaye est sécularisée puis sert de fort au XVIIe siècle sous la régence de Marie de Médicis. Aux XIXe et XXe siècles, le site passe aux mains de différents propriétaires parmi lesquels Édouard Bourières et le sénateur Adolphe Maujan qui transforment les vestiges. A partir de 1920, la villa Bourières est occupée par les sœurs dominicaines qui la vendent à la Caisse des dépôts en 1958.