Déjà inscrit ? Connectez-vous
L'église Saint-Géry

L'église Saint-Géry

Crédit : Studio Déclic

Cette ancienne église abbatiale, placée sous le double vocable de Saint-Aubert / Saint-Géry, a été reconstruite entre 1698 et 1745. La façade d'ordres superposés est marquée par la sobriété du style classique. Cependant, son clocher-porche, par son dôme et son lanternon autrefois doré à la feuille d'or, présente quelques réminiscences du style baroque. A l'intérieur de cet édifice se trouvent la mise au tombeau de Rubens, un jubé en marbre polychrome de 1640 et un choeur orné de boiseries du XVIIIe siècle. Si vous souhaitez visiter l’intérieur de cette église, entrez par la porte latérale et dirigez-vous vers le fond de l'église.
C'est sur ce lieu que fut bâtie la première église de Cambrai. Fondée au VIe siècle par saint Vaast, elle est tout d'abord placée sous le vocable de Saint-Pierre puis, avec le développement de nouvelles paroisses, cette église paroissiale devient une église abbatiale. Elle prend au XIe siècle le nom de son fondateur : l'évêque saint Aubert. L'abbaye, alors tenue par des chanoines réguliers, bénéficie d'une place prépondérante dans la cité épiscopale. On dit qu'elle est l'une des plus riches des anciens Pays-Bas. Y furent reçus le Pape Innocent II, Philippe Le Bon et Marguerite d'Autriche. C'est à la fin du XVIIe siècle que cette église a été reconstruite dans un style classique. Elle est consacrée le jour de Noël de 1745. A la Révolution française, l'abbaye devient une caserne et l'église sert d'entrepôt aux archives et au mobilier provenant des édifices religieux mis en vente. Cet édifice présente un plan basilical en forme de croix latine. La profondeur de son choeur rappelle que c'était une église abbatiale où s'assemblait la communauté religieuse. La rigueur du style classique marque l'intérieur de cette église.
Ici, le couvrement de la nef fait preuve d'originalité. Il adopte non pas la voûte à croisée d'ogives mais des voûtes modernes, appelées aussi ogives à la française. Elles sont constituées de coupoles en brique enduite, rythmées par des arcs-doubleaux. Sous la tribune d'orgue, se trouve un jubé réalisé en 1640 par Jaspar Marsy, sculpteur ayant également réalisé le portail de la sous-préfecture. Autrefois, ce jubé se trouvait entre la nef et le choeur de l'ancienne église. Reprenant la forme d'un arc de triomphe, ce jubé s'ouvre par trois arches en anse de panier reposant sur des colonnes fuselées en marbre rouge jaspées de gris. Au-dessus de l'entablement, sont placées trois statues en rond de bosse représentant saint Aubert, saint Ambroise et au centre, Jésus maître du monde. Entre ces sculptures se détachent des bas-reliefs en albâtre qui rappellent des miracles liés à la vie du Christ. La chaire, réalisée au milieu du XIXe siècle, a été dessinée par André de Baralle. La cuve, ornée du Christ entouré de ses apôtres, repose sur trois silhouettes féminines évoquant les vertus théologales de l’Église : la foi, l'espérance et la charité. L'escalier, en forme de fer-à-cheval, présente une rambarde ornée d’entrelacs d'où s'échappent pampres de vigne et épis de blé. Les départs d'escaliers sont encadrés de chérubins faisant le signe de croix et portant sur leurs têtes les bouquets des quatre saisons.
En vous dirigeant vers la croisée du transept, vous pourrez en remarquer les quatre colonnes qui l'encadrent. S'inspirant du Baldaquin de Saint-Pierre de Rome, oeuvre du Bernin, cet ensemble réalisé en pierres bleues de Tournai fait partie intégrante de l'architecture. Ainsi placé au-dessus de l'autel, il magnifie la cérémonie de la messe, participant ainsi aux principes de la Contre-Réforme. Dans le croisillon nord du transept, se trouve la Mise au Tombeau de Rubens, réalisée en 1616. Cette oeuvre appartenait autrefois à l'abbaye des Capucins qui est détruite à la Révolution française. Le tableau fait partie des objets déposés dans cette église qui sert d’entrepôt. Il est très représentatif de la facture des oeuvres de Rubens. La scène se passe à la tombée de la nuit près d’une grotte. La Vierge Marie, saint Jean, Marie de Béthanie et Marie-Madelaine, accompagnés de Joseph d’Arimathie et Nicodème, s’apprêtent à ensevelir le corps du Christ. Ruben utilise la technique du clair-obscur marquée par une grande diagonale illuminant le corps du Christ, accentuant ainsi l’aspect théâtral et dramatique de ce tableau.
Le choeur est orné de riches boiseries réalisées en 1741. Dans un décor rocaille, se détache une série de médaillons qui évoquent en particulier des scènes de la vie de saint Aubert et de saint Landelin. Le maître-autel provient de l’abbaye de Vaucelles. Il a été réalisé au XVIIIe siècle en marbre de carrare.

Infos techniques

2-18 Rue Victor Ramette
59400 Cambrai
Lat : 50.176558Lng : 3.2301843
1 an

Les hébergements à proximité