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Le Pays de Vesdre au XIXe

Le Pays de Vesdre au XIXe

Credit : Ghent University Library (The European Library)

Découvrez à quel point l’industrie lainière a permis le développement des villages situés autour de Verviers.

La « banlieue » de Verviers, ce sont des villes et villages touchés de plein fouet par la révolution industrielle. Changés à jamais, ils possèdent eux-aussi un patrimoine qui vaut le coup d’œil…

15 km
3 h
max. 0 m
min. 0 m
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Style : Roadtrip
Public : FamilySeniorsAdolescentsSchool
Themes : CulturalPatrimony

Starting point


4800 Verviers
Lat : 50.5933Lng : 5.85938
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1 year
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Verviers

1-67 Rue du Marteau 4800 Verviers
Lat : 50.5933Lng : 5.85938
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Dison et l'église Saint-Fiacre

Dison

Avant de connaître l’âge d’or, Dison est un hameau dont l’agriculture constitue la principale ressource, mais qui s’adonne déjà à l’industrie drapière depuis plusieurs siècles. Il fait alors partie de la seigneurie de Petit-Rechain et du Ban de Herve, dépendant du duché de Limbourg jusqu’à la Révolution française. Au début de la révolution industrielle, un impôt élevé sur les draps de la principauté de Liège et une querelle avec Verviers sur l’utilisation des déchets de laine dans la fabrication de draps profitent à Dison et en font, vers le milieu du XVIIIe siècle, un bourg prospère. En conséquence, une chapelle y est érigée. Mais la population ne cessant d’augmenter, elle devient trop petite. Le projet de l’église Saint-Fiacre voit alors le jour. L’édifice est pensé pour accueillir le plus de fidèles possible et exposer au monde les richesses de leur nouvelle ville.

Eglise Saint-Fiacre

Esplanade de la Libération • 4820 Dison
Ouverte du 31 mai au 30 septembre
samedi : 10.00-12.00 et 14.00-16.00
dimanche : 10.45-12.00 et 14.00-16.00

De style « néo-médiéval », l’église Saint-Fiacre est un témoin de l’essor industriel de Dison au XIXe siècle. Son architecture s’est inspirée de l’art médiéval, pratique en vogue au XIXe siècle.

Surtout célèbre par l’édification du palais provincial à Liège, Jean-Charles Delsaux, l’architecte de l’église, s’attelle dès ses débuts à la restauration des plus grandes églises gothiques à Liège, comme Eugène Viollet-le-Duc en France. Appelé pour la construction de celle de Dison, Delsaux peut laisser libre cours à son imagination. A l’exemple des cathédrales gothiques, l’église tend vers le ciel avec sa grande tour octogonale de 47 mètres, flanquée de quatre tourelles. Cette impression de grandeur se retrouve à l’intérieur avec les longs piliers et les fenêtres hautes.

- Regarde le pavement du chœur : on dirait que les dalles de marbre s’étirent en formant une grande pyramide.
- C’est en trois dimensions ! D’ailleurs, moi je pencherais plus pour des escaliers.

Outre les peintures remarquables recouvrant une grande partie des murs de l’édifice, les vitraux aux couleurs vives des maîtres verriers Charles Lévêque (XIXe s.) et Jules Vosch (XXe s.) donnent une atmosphère céleste dès la première lueur de soleil.

Deux vitraux des chapelles entourant le chœur reprennent des thèmes locaux. A gauche, la liégeoise sainte Julienne apparaît au bord de la Meuse, au côté d’Urbain IV, son ami liégeois devenu pape, et fidèle soutien pour l’instauration de la Fête-Dieu. Le patron de l’église, saint Fiacre, occupe, quant à lui, un vitrail à droite. On le voit en train de défricher le terrain de son futur ermitage sous le regard de Faron, l’évêque de Meaux. Originaire d’Ecosse ou d’Irlande, Fiacre vécut en France aux environs du VIIe siècle. Patron des jardiniers, sa renommée grandit après sa mort, passant les frontières de la Belgique et du Luxembourg.

- Quand tu sortiras, regarde bien le deuxième étage de la tour.
- Saint Fiacre me fera signe ?
- Peut-être…

Par certains aspects, l’église semble être le reflet de la décadence de l’industrie régionale. Les pierres, les peintures et le mobilier sont toujours là, mais l’époque glorieuse est révolue. Il faut aujourd’hui trouver les budgets afin de conserver ce témoin du riche passé disonais et de le transmettre aux générations futures.

34 Place du Marché 4820 Dison
Lat : 50.6102Lng : 5.85283
0 m
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Eglise Notre-Dame de Lourdes

Rue des Déportés 13 • 4860 Wegnez (Pepinster)
Ouverte tous les jours
Du 1/11 au 31/03 de 9.00 à 17.00
De 1/04 au 31/11 de 8.30 à 18.00

- Cette grotte… J’ai l’impression de l’avoir déjà vue ?
- Tu confonds, mais c’est vrai qu’elle ressemble fort à l’originale.

Cette grotte est bien une imitation de celle de Lourdes, témoin des apparitions de Notre-Dame à Bernadette Soubirous en 1858. La grotte, comme l’église, sont construites au début du XXe siècle.

Wegnez possède deux églises : une au centre du village primitif, l’autre, celle-ci, dans un quartier plus récent. En effet, ce quartier est né au XIXe siècle, lorsque la route de la Vesdre, voulue par les industriels, et plus tard le chemin de fer ont été construits. Des activités commerciales, artisanales et industrielles commencèrent à s’implanter le long de cet axe, provoquant un fort développement de l’habitat. Dès lors, la première église devint trop petite. Elle était aussi fort excentrée par rapport à ce nouveau quartier. C’est dans ce contexte qu’on décida d’y construire une chapelle en 1906. Devenue rapidement exiguë, il fallut se rendre à l’évidence, une église plus grande était nécessaire.

La noble famille del Marmol avait pour habitude d’aller en villégiature dans la villa qu’elle possédait dans les hauteurs de Tancrémont. Elle y construisit au XIXe un château toujours habité par la famille. Le château ne se visite pas.

Elle voit le jour en 1911 grâce à une donation du baron del Marmol qui souhaite voir s’édifier près de son château un sanctuaire inspiré de celui de Lourdes, destiné aux personnes qui ne pouvaient y aller en pèlerinage. Il en résulte une construction très originale, surnommée en son temps « le petit Lourdes verviétois ». Outre la grotte, la surélévation de l’église rappelle la basilique supérieure de Lourdes, tout comme son sentier d’accès. À l’intérieur, le regard est attiré par la monumentale statue de Notre-Dame de Lourdes, surmonté d’une toile représentant les sanctuaires pyrénéens. Le maître-autel lui aussi est une copie exacte du premier autel de la grotte. Le tout est éclairé par une lumière naturelle.

7-13 Rue des Déportés 4860 Verviers
Lat : 50.5772Lng : 5.83396
0 m
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Pepinster et l'église Saints-Antoine-Ermite-et-Apolline

Pepinster

Tout comme Verviers, Pepinster est une ancienne cité industrielle. Elle est née au confluent de deux rivières sources d’énergie : la Vesdre et la Hoëgne.

Un peu d’histoire
Sous l'Ancien Régime, Pepinster fait partie du marquisat de Franchimont, terre de la principauté épiscopale de Liège. Les trois autres localités (Soiron, Wegnez et Cornesse) qui constituent aujourd’hui la commune de Pepinster, appartiennent au duché de Limbourg. Wegnez, comme Cornesse, forme la transition urbaine entre Pepinster et Verviers. Quant à Soiron, elle a pu conserver un caractère rural.

Dès le XVe siècle, des centres métallurgiques s’implantent dans cette région favorable au développement industriel : une forêt pour le charbon de bois, des rivières pour la force motrice et du minerai de fer. Il existe une industrie du textile dans la région dès le XVe siècle. Elle se présente à Pepinster sous la forme d’une foulerie où l’on presse les draps et à Soiron, où l’on file et on tisse à l’aide de petits métiers manuels.
Au XIXe siècle, la cité se développe fortement : les industriels verviétois y construisent des usines textiles mécanisées, y installent leurs habitations et financent la construction de la route de la Vesdre qui relie la région liégeoise à Verviers et Theux, en passant par Pepinster. De plus, la ville est connectée au réseau de chemins de fer dès 1843. Dès lors, l’économie et la démographie de la ville se développent considérablement. Après 1945, l’industrie textile commence à s’essouffler, emmenant dans sa chute l’activité commerciale locale. L’économie se réoriente dès lors vers le développement de petites et moyennes entreprises. Encore aujourd’hui, Pepinster garde un caractère et un aspect industriels.

Les chemins de fer
La création de lignes de chemin de fer et surtout de gares a favorisé le développement urbanistique des villages qui les accueillaient. La gare de Pepinster se trouvait sur deux lignes internationales. C’était une gare importante. On peut toujours y voir l’imposante verrière construite à la fin du XIXe, classée depuis 1989 (Avenue Albert 1er • 4860 Pepinster).


Église Saints-Antoine-Ermite-et-Apolline

Rue Neuve, 3
4860 Pepinster
Ouverte du 1er juin au 31 août, samedi et dimanche de 14h à 16h
Possibilité de visite guidée sur demande.

De l’extérieur, plusieurs éléments peuvent surprendre. Premièrement, son emplacement : cette église n’est pas au centre d’une place, mais le long d’une route assez fréquentée, la route de la Vesdre, qui, comme à l’époque, a toujours une vocation commerciale. Deuxièmement, c’est son orientation : elle semble se présenter à l’envers.

- Où se trouve l’entrée ? On dirait qu’elle nous tourne le dos!
- Mais non ! Elle est orientée vers l’Est, vers la Lumière du Christ !

De l’extérieur, rien ne laisse présager la richesse des décorations de l’église. Classée patrimoine exceptionnel de Wallonie, elle est considérée comme « une des 100 merveilles de Wallonie ».

En 1857, le conseil de Fabrique se rend compte que l’édifice, construit seize ans plus tôt, est trop petit au regard du développement de la cité. Il faut l’agrandir ! Il faut néanmoins attendre 34 ans et l’arrivée d’un jeune curé, l’abbé Sylvain Balau, pour que le projet prenne enfin forme. Entre temps, il est décidé non pas d’agrandir, mais bien de construire un nouvel édifice. Le curé s’implique beaucoup dans sa construction. Il sait exactement ce qu’il veut, et à quels artistes il veut faire appel, notamment grâce aux voyages qu’il effectue avec l’architecte du projet, Clément Léonard. On raconte que l’abbé exige des artistes contractés de ne pas reproduire leurs statues ou retables dans d’autres édifices religieux de Verviers et du canton de Spa ! L’abbé Balau doit se battre pour trouver l’argent nécessaire, les autorisations, les appuis, stimuler les artistes et les documenter… Heureusement, la cité est alors habitée par quelques grosses fortunes.

En 1899, l’édifice de style néogothique peut enfin accueillir les Pépins et Pépines. À l’intérieur, la peinture se déploie même dans les recoins du lieu. L’église compte près de 600 personnages peints ou sculptés ! On pourrait passer des heures à observer la richesse de la décoration. Remarquez les 18 grandes tapisseries formant le chemin de croix, chose plutôt rare. Le regard est également attiré par les deux couronnes de lumière en fer forgé qui, avec les peintures murales, donnent une atmosphère particulièrement chaleureuse aux lieux. Elles sont inspirées, suite à une visite de l’abbé, d’une couronne de lumière de la collégiale Saint-Pierre de Louvain.
Grande réussite du point de vue esthétique et architectural, l’église – tout comme son constructeur - a longtemps été critiquée: trop riche, trop peu populaire. Certains considéraient qu’elle représentait le mépris des grands de ce monde pour les miséreux.

A quelques pas de l’église, un chemin de croix mène à la dernière étape. Difficile et abrupt, il porte bien son nom. Mais bien-entendu, il est possible de s’y rendre en voiture.


2-48 N666 4860 Pepinster
Lat : 50.5679Lng : 5.80338
0 m
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Tancremont et le sanctuaire du Vieux-Bon-Dieu

Sanctuaire du Vieux Bon Dieu

Route de Tancrémont 77
4860 Pepinster
Ouverte tous les jours :
Du 16/04 au 30/09 de 8.00 à 20.00
Du 1/10 au 15/04 de 8.00 à 18.00
Visites guidées : +32 87 54 15 09

Il faut monter sur les hauteurs de la vallée, au lieu-dit « Tancrémont ». A mi-chemin entre la ville de Pepinster et le sanctuaire de Banneux, ce hameau, connu pour ses grandes tartes, recèle un autre trésor : une vieille croix de la fin du IXe, début Xe siècle !

Appelée le « Vieux Bon Dieu », elle est abritée dans une chapelle expressément construite pour cet effet. Aujourd’hui, elle est sous la bienveillance d’un père prémontré de l’abbaye d’Averbode qui vit sur place.

L’histoire du sanctuaire est étroitement liée à la noble famille del Marmol, comme le rappelle la plaque commémorative à droite de la porte d’entrée. Au milieu du XIXe, une grande croix en bois a été retrouvée, enterrée sur les terres de Simon Pirard, aïeul de la famille del Marmol. Ce dernier décide de l’abriter dans sa chapelle. Plus tard, ses descendants construisent une nouvelle chapelle qu’ils agrandiront face à l’afflux de pèlerins. Parallèlement, désirant s’entourer d’une communauté religieuse, le baron del Marmol fait construire un petit monastère juste à côté de la chapelle. Avant les Prémontrés, une communauté bénédictine y vivait.

Origine On pense que cette croix viendrait de la paroisse de Theux, toute proche. N’étant plus au goût du jour, elle aurait été délaissée et reléguée dans une chapelle latérale au XVIIIe siècle. Elle aurait été enterrée par la suite pour la protéger lors de la Révolution française.

Pénétrez maintenant dans le sanctuaire et découvrez cette croix.

- Dis donc, elle est grande!
- Elle mesure plus de deux mètres. Regarde comme le visage de Jésus est si paisible…

Il est habillé d’une tunique à manches (colombium) qui porte des traces de polychromie, c’est-à-dire d’anciennes couleurs. C’est le plus ancien Christ en bois polychrome à colombium existant en Belgique. À l’entrée, remarquez également les ex-voto qui témoignent de la croyance envers les pouvoirs du Vieux Bon Dieu de Tancrémont.

Un ex-voto est une offrande faite à Dieu en demande d’une grâce ou en remerciement d’une grâce obtenue. Il peut prendre différentes formes : ici, ce sont principalement des plaquettes.

Découvrez enfin les vitraux de la petite chapelle. Le côté gauche raconte l’histoire de l’arrivée de la croix à Tancrémont. Lorsqu’ils ont été dessinés, on pensait que la croix venait de la Terre sainte. Cette croyance a cependant été mise à mal suite aux analyses du bois : le Christ est sculpté dans du bois de tilleul, bois qui ne poussait pas là-bas à l’époque. Les vitraux de droite racontent la construction des lieux.

Au Vieux Tancrémont
Tancrémont 9
4910 Theux
Ouvert tous les jours de 9.00 à 18.00, le week-end et jours fériés jusque 9.30.
Fermé les lundis non fériés d’octobre à fin mars.
Le hameau est également connu pour la qualité de ses très grandes tartes, et particulièrement sa tarte au riz. À déguster sur place ou à emporter.

Route de Tancrémont 4860 Pepinster
Lat : 50.5514Lng : 5.78312
0 m

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