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Quai et rue de la Goffe
Quai et rue de la Goffe
Quai et rue de la Goffe
Quai et rue de la Goffe

Quai et rue de la Goffe

Le nom Goffe est un terme qui désignait les excavations plus ou moins profondes qu’on rencontre dans les cours d’eau. Aujourd’hui, la canalisation de la Meuse ne laisse plus rien transparaitre de cet état. Là se tenait le plus ancien port de Liège. Après des siècles d’activité intense, il fut victime de son succès commercial et fut fermé pour faciliter la circulation des acheteurs sur La Batte. Au n° 41, on trouve encore la Maison Havart, dernier vestige des traditionnelles maisons à sèyeûtes (maisons en saillies) typiques du quartier. La maison a vraisemblablement été construite au 16e siècle et est une des rares à avoir survécu aux affres du temps et de l’urbanisme moderne. Quant à son nom, il fait écho au propriétaire de la maison qui y tenait un bistrot au 19e siècle. Au n° 12, dans la rue qui prolonge le quai, on peut apercevoir une plaque commémorant la naissance de Jean-Nicolas Bassenge, héros révolutionnaire liégeois. Ce personnage haut en couleurs de la vie liégeoise était homme de lettres. Son premier écrit majeur lui avait valu des réprimandes, qui donnèrent naissance à plusieurs paskèyes en wallon. Protégé du prince-évêque Velbruck, il se querella avec le successeur de celui-ci, César-Constantin de Hoensbroeck, et protesta contre la politique austère qu’il voulait mettre en place. Bassenge se fit rapidement la voix du peuple liégeois, réclamant les libertés communales dans le contexte politique difficile de la fin du 18e siècle. Il est à la base de la révolution liégeoise et, après la séparation d’avec le Saint-Empire germanique, œuvra activement pour l’unification de la principauté épiscopale à la France. Cette maison fut également le siège de la boulangerie de Nicolas Defrecheux, célèbre poète wallon. Defrecheux est considéré comme le créateur de la poésie lyrique wallonne. Son poème Lèyîz-m’ plorer (laissez-moi pleurer) connut un succès immense et immédiat. Un jeune homme y exprime son désespoir suite à la mort de sa bien-aimée. C’est à la suite de ce succès que fut créée la Société liégeoise de littérature wallonne, sorte d’Académie wallonne. Édith Piaf, elle-même, avait interprété cette chanson sous le titre Gilles a perdu, forgé à partir du début du couplet wallon : Dji l’a pièrdou, « je l’ai perdue ». En face, au n° 14, se situe le plus vieil édifice public liégeois : l’ancienne Halle aux viandes. Au-dessus de chaque entrée, on peut admirer le blason des Mangons, le terme archaïque pour les bouchers. Le lieu reste en activité jusqu’en 1980, avant d’être réaffecté en lieu d’expositions temporaires, puis en maison du tourisme.

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