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de Elan cyclotouriste de Champs-sur
Sur les pas de Wilfred Owen

Sur les pas de Wilfred Owen

À partir du 8 août 1918, date de la défaite finale des Allemands devant Amiens, commence la « campagne des Cent Jours », c’est-à-dire l’offensive générale des forces alliées qui aboutit à la victoire du 11 novembre ; le département du Nord a été libéré par les soldats britanniques, avec de forts contingents canadiens, australiens et néo-zélandais.

Si le moral des combattants allemands s’est effondré à l’été 1918 comme l’attestent de nombreuses désertions et des redditions collectives, une partie des troupes a continué de combattre avec détermination, jusqu’au bout. De ce fait, les pertes ont été très élevées, des deux côtés, dans les dernières semaines du conflit.

Si sa mort est égale à celle de ses camarades et de ses adversaires, la disparition de Wilfred Owen, une semaine avant l’arrêt des combats, prend un caractère particulièrement tragique, car elle symbolise la destruction des talents qu’a engendrée la Première Guerre mondiale.
Certes, l’œuvre des poètes de guerre n’est pas le seul témoignage laissé par les combattants ; de nombreux récits en prose ont été rédigés pendant ou au lendemain de la Grande Guerre. Mais la puissance de l’œuvre de Wilfred Owen est désormais célébrée dans le monde anglo-saxon ; elle mérite d’être découverte en France, à sa juste valeur.

Ce circuit de randonnée permet de suivre les derniers pas du poète, dans un paysage redevenu paisible, après avoir subi, par deux fois, au cours du XXe siècle, les outrages de la guerre.

7.2 km
4 h
max. 146 m
min. 134 m
44 m
-44 m

Profil altimétrique

Point de départ


59360 Ors
Lat : 50.1151Lng : 3.6231
0 m
1 an
image du poi
1

1 - Maison Forestière Wilfred Owen

«Très chère Mère,

L’endroit d’où je t’écris à présent, je l’appellerai « la cave enfumée de la Maison forestière » … ».

C’est ainsi que commence une lettre datée du 31 octobre 1918 adressée à sa mère par le Second Lieutenant Wilfred Owen, attaché au Manchester Regiment. C’est effectivement dans la cave de cette maison de gardes forestiers du Bois-l’Évêque que Wilfred Owen trouve abri avec l’état-major de sa compagnie. Le 4 novembre, celle-ci est appelée à franchir le canal traversant le village d’Ors au-delà duquel se sont retranchées des unités de l’armée allemande en plein repli.

Né à Oswestry dans le Shropshire en 1893, Wilfred Edward Salter Owen enseigne l’anglais à Bordeaux quand la Grande Guerre éclate. Il s’engage dans l’armée en octobre 1915 et, après formation, il rejoint le front de la Somme en janvier 1917. Gravement traumatisé par une explosion, Owen est évacué vers l’hôpital de Craiglockhart en Écosse, où il rencontre le poète Siegfried Sassoon, officier comme lui, héros décoré, et auteur d’une tonitruante déclaration pacifiste. Cette nouvelle amitié avec Sassoon révèle rapidement le génie poétique d’Owen. C’est durant sa convalescence en Écosse qu’Owen compose certains de ses poèmes majeurs tels Anthem for Doomed Youth (Ode pour une Jeunesse perdue), Dulce et Decorum est, Futility (Futilité) et Strange Meeting (Étrange rencontre).

Fin août 1918, Owen repart pour le front et participe à l’offensive des Cent Jours qui conduira les Alliés à la victoire finale. La lettre écrite à l’abri de la Maison Forestière d’Ors sera sa dernière.

Inaugurée en 2011, la Maison Forestière Wilfred Owen est, dans sa configuration actuelle, une œuvre de l’artiste plasticien britannique Simon Patterson. En transformant ainsi la Maison Forestière avec l’aide de l’architecte Jean-Christophe Denise, l’artiste a voulu révéler la force poétique d’Owen et montrer l’actualité permanente de la création artistique témoignant des horreurs de la Guerre. Accessible par la rampe circulaire extérieure, la cave de la Maison a été laissée intacte. À la lecture de la dernière lettre d’Owen à sa mère, l’ambiance humide de « la cave enfumée de la Maison Forestière » y est ainsi toujours perceptible.

Crédits images : Jacky Duminy / Rémi Vimont / Rémi Vimont

59360 Ors
Lat : 50.115Lng : 3.62309
0 m
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2

2 - Ors British Cemetery

À l’automne 1918, les armées alliées ont largement pénétré les territoires occupés par l’armée allemande depuis 1914 et poursuivent leur avancée en direction de la frontière belge. La ville de Cambrai est libérée le 9 octobre, Lille le 17.
En se repliant, les Allemands organisent des positions destinées à contenir les troupes ennemies. À Ors, après avoir détruit ponts et écluses sur le Canal de la Sambre à l’Oise, des soldats allemands se retranchent dans la ferme de la Motte sur l’autre rive de la voie d’eau.
Les Britanniques se lancent à l’assaut de cette position le matin du 4 novembre 1918.

Situé à une centaine de mètres du canal, ce cimetière militaire a été créé pour accueillir les corps de 40 soldats tombés lors de cette attaque.
Agrandi après l’Armistice pour accueillir des victimes des combats du secteur en octobre et novembre 1918, le cimetière compte à présent 107 tombes.

Crédits images : Édouard Roose / Édouard Roose

59360 Ors
Lat : 50.1076Lng : 3.64277
0 m
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3

3 - Canal de la Sambre à l'Oise

’opération britannique prévue le 4 novembre 1918 à l’est d’Ors est risquée : le franchissement du Canal de la Sambre à l’Oise impose le montage d’une passerelle flottante sous le feu des mitrailleuses allemandes situées sur l’autre rive.

Malgré le rapport défavorable du Colonel Marshall établi suite à un repérage du terrain, l’assaut est maintenu.
Le 4 novembre, à 05h45, le 2e bataillon du Manchester Regiment et le 16e bataillon des Lancashire Fusiliers passent à l’offensive. Ces unités sont accompagnées d’hommes des Royal Engineers qui doivent assurer l’assemblage sur le canal de sections de passerelle flottante préfabriquées.
L’opération tourne court : directement exposés sur le chemin de halage, les hommes sont fauchés par le feu ennemi. Parmi eux, Wilfred Owen.

Le point de résistance allemande de la ferme de la Motte ne tombe qu’avec l’intervention d’autres unités du Dorset Regiment et des Lancashire Fusiliers qui sont parvenues à franchir le canal au sud d’Ors et plus au nord, à Landrecies.

Crédits images : Collection Jean-Pierre Lambrè

59360 Ors
Lat : 50.1073Lng : 3.64418
0 m
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4

4 - Stèle commémorative

En 1991, la Western Front Association demande au maire de la commune d’Ors l’autorisation d’apposer une stèle sur le pont enjambant le Canal. L’association souhaite ainsi rendre hommage à un poète, largement méconnu en France, mais considéré outre-Manche comme la figure de proue des War Poets (Poètes de guerre) et l’un des plus grands poètes britanniques du XXe siècle : Wilfred Owen.

Les liens tissés entre la commune et la Wilfred Owen Association permettent rapidement de localiser cette maison forestière décrite par Wilfred Owen dans sa dernière lettre à sa mère.

Crédits images : Édouard Roose

2 r de landrecies 59360 Ors
Lat : 50.0993Lng : 3.6352
0 m
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5

5 - Place d'Ors

Occupé dès le 26 août 1914, le village d’Ors connait les vicissitudes de l’occupation allemande jusqu’à sa libération le 1er novembre 1918.
L’occupant impose à la commune le versement de lourdes contributions financières alors que les habitants subissent de multiples réquisitions, notamment sur les produits agricoles, le bétail et les matériaux pouvant servir l’effort de guerre.
À partir d’octobre 1918, la commune connait les bombardements britanniques qui touchent sévèrement le centre du village. Ors se voit décerner la Croix de Guerre le 9 mai 1926.

En mai 1940, face à la poussée des chars allemands menés par le Général Rommel, une poignée de soldats français résistent héroïquement. Le village leur rendra hommage après-guerre en donnant leur nom à certains de ses axes : place du Maréchal des Logis Sourice, rue du Capitaine d’Arche et rue du Lieutenant Hudault.

Crédits images : Collection Jean-Pierre Lambrè / Édouard Roose

3 BIS r du capitaine d'arche 59360 Ors
Lat : 50.0995Lng : 3.63333
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6

6 - Ors Communal Cemetery

Dans le cimetière communal d’Ors, l’entrée du carré militaire est facilement repérable avec sa grande croix blanche portant l’épée de Saint Georges pointant vers le sol en signe de deuil.
Presque tous les soldats qui y reposent ont été tué le 4 novembre 1918 dans les différents combats sur le Canal.

Parmi ceux-ci, le soldat poète Wilfred Owen repose dans la troisième tombe de la dernière rangée. L’histoire familiale des Owen retient que c’est le 11 novembre 1918, au moment où toutes les cloches de Grande-Bretagne retentissaient pour annoncer l’Armistice, que Susan Owen a reçu le télégramme fatidique annonçant la mort de son fils.

Choisie par sa mère, l’épitaphe gravée sur la stèle de la tombe d’Owen est un extrait de son poème The End (la Fin), légèrement modifié pour devenir message d’espoir :

« La vie renaîtra-t-elle dans ces corps-là ? En vérité
Elle frappera toute mort de nullité ».

Un autre élément remarquable de ce cimetière est la tombe isolée tout à fait à droite.
C’est celle du Colonel James Marshall, qui, suite à son repérage du terrain, avait prévenu que l’opération de franchissement du canal serait très difficile.
Surnommé « le terrible major aux dix blessures », il succombe ce même 4 novembre 1918. Pour son courage lors de cette opération, le Colonel Marshall se verra décerner à titre posthume la Victoria Cross, la plus haute distinction militaire britannique. Cette même Victoria Cross qui est gravée en lieu et place de la croix chrétienne sur la stèle de sa tombe.

Entre la tombe de Marshall et celle d’Owen, dans la même rangée, se trouve celle d’un autre récipiendaire de la Victoria Cross, le Second Lieutenant James Kirk qui a vaillamment tenté de protéger la construction de la passerelle sur le canal en servant sa mitrailleuse, juché sur un radeau de fortune.

Chaque 4 novembre, le cimetière devient le lieu de rassemblement des habitants d’Ors pour un hommage au poète-soldat Wilfred Owen et à ses camarades tombés dans les combats du Canal.

De son vivant, Owen n’a publié que 4 poèmes. Ce n’est véritablement qu’après la guerre, sous l’impulsion de Siegfried Sassoon et du poète Edmund Blunden, que le génie d’Owen sera publiquement reconnu en Grande-Bretagne.

Owen devient alors l’un des grands noms d’un mouvement, la War Poetry (Poésie de Guerre), qui regroupe les compositions de ces soldats qui ont trouvé dans la poésie une façon de témoigner de leur expérience au cours de la Grande Guerre.

Le 11 novembre 1985, la nation britannique a rendu un hommage solennel à ces Poètes de Guerre en dévoilant un mémorial dans le Poets’ Corner (Coin des Poètes) de l’Abbaye de Westminster à Londres où repose également le Soldat Inconnu britannique.

Crédits images : Édouard Roose / Édouard Roose / Édouard Roose / Édouard Roose

En savoir plus sur cette étape
http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/les-chemins/la-guerre-de-mouvement-et-la-premiere-occupation-allemande/ors-communal-cemetery.html

1 D r de la louviere 59360 Ors
Lat : 50.1032Lng : 3.62877
0 m
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7

7 - Bois-l'Évêque et Chapelle de l'Ermitage

Quand la compagnie d’Owen accède à la Maison Forestière, celle-ci se trouve au milieu d’une vaste étendue dépourvue du moindre arbre.
Dès décembre 1914, les Allemands exploitent les massifs forestiers de la zone occupée pour répondre à la demande constante de bois sur les zones de combats pour aménager, consolider et réparer les tranchées.
Ainsi, tout comme la Forêt de Mormal proche, le Bois-l’Évêque est progressivement défriché par des travailleurs civils forcés et des prisonniers de guerre russes jusqu’à épuisement des ressources.

La petite chapelle de l’Ermitage située non loin de la Maison Forestière sera détruite lors de bombardements en 1918 avant d’être reconstruite en 1923 sur les fondations de l’ancien édifice dédié à Notre-Dame du Bonsecours.

Crédits images : Collection Jean-Pierre Lambrè

59360 Ors
Lat : 50.114Lng : 3.62552
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2 informations complémentaires

Informations pratiques

Contact : Office de tourisme du Cambrésis
Téléphone : +33(0)3 27 78 36 15
E-mail : contact(at)tourisme-cambresis(dot)fr
Site web : www.tourisme-cambresis.fr
Point de départ : Maison Forestière Wilfred Owen - Route départementale D 959 – 59360 ORS

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