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de Elan cyclotouriste de Champs-sur-Marne et Guerre 14-18
Armentières, guerre et reconstruction

Armentières, guerre et reconstruction

Située à proximité immédiate des lignes dès la fixation du front, en octobre 1914, Armentières est, pendant l’essentiel de la Grande Guerre, une "ville anglaise" où stationne un grand nombre de soldats venus de tout l’empire britannique ; la célèbre chanson "Mademoiselle from Armentieres" a durablement fixé la ville dans la mémoire collective du conflit, outre-Manche.


La mort a frappé tout au long de la guerre, dans les hôpitaux et sous l’effet des bombardements allemands. Victime des obus à gaz à partir de 1917, la population civile a progressivement quitté la cité. Occupée par les Allemands lors de l’offensive sur la Lys d’avril 1918, Armentières a été anéantie lors de leur retrait, quelques semaines avant l’armistice.


La reconstruction, remarquablement rapide, a donné une nouvelle identité visuelle à la ville, celle d’une architecture régionaliste néo-flamande.

11 km
4 h
max. 19 m
min. 13 m
45 m
-44 m

Profil altimétrique

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Point de départ

24 pl du general de gaulle
59280 Armentières
Lat : 50.6865Lng : 2.88179
0 m
2 ans
image du poi
1

1 - Grand' Place

En octobre 1914, la ligne de front se stabilise à 2 km d’Armentières qui est alors sous le feu des canons allemands. Situé à 20 km au sud d’Ypres où se déroulent des opérations majeures, le secteur d’Armentières, considéré comme calme, est surnommé « la Nursery » : les unités de l’armée impériale britannique fraichement arrivées sur le Front s’y familiarisent avec la guerre de tranchées.

Pendant plus de 2 ans, les usines armentiéroises continuent de fonctionner. Puis les bombardements s’accentuent, les gaz sont utilisés et la population quitte peu à peu la ville. Le reste des civils est totalement évacué le 13 août 1917, alors que fait rage la 3e bataille d’Ypres.


Le 9 avril 1918, l’armée allemande lance l’Opération Georgette, également connue comme la bataille de la Lys, dans une tentative de prendre le contrôle des grandes bases portuaires britanniques sur le Littoral du Nord-Pas de Calais. Les Allemands entrent à Armentières le 11 avril. Lors de leur repli le 2 octobre, ils détruisent toute infrastructure pouvant offrir un quelconque avantage à leur ennemi. Symbole de résistance de la ville, le beffroi est dynamité, après être resté debout plus de 4 années.

À l’heure du bilan, Armentières est ravagée à plus de 75% : 4800 maisons sont entièrement détruites, 2400 sévèrement endommagées et la totalité des églises et bâtiments publics est en ruine.

La reconstruction de la ville est confiée à l’architecte Louis-Marie Cordonnier. Ce dernier dresse les plans de l’hôtel de ville, de l’église Saint Vaast et des Halles (aujourd’hui espace culturel « le Vivat »). Ces édifices sont reliés par la Grand' Place sur laquelle est érigé le monument aux morts. En faisant le choix d’une architecture régionaliste affirmée, caractérisée par l’emploi de la brique complétée de pierre sur de hauts pignons, Cordonnier signe « la Renaissance flamande » d’Armentières, comme il le fait également à Bailleul, Comines, Merville et Laventie.

Crédits images : S.Colart (OT Armentières) / Archives municipales d'Armentières / Bibliothèque municipale de Lille

En savoir plus sur cette étape
www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/les-chemins/la-reconstruction-dans-les-territoires-devastes/hotel-de-ville-et-beffroi-darmentieres.html

28 BIS pl du general de gaulle 59280 Armentieres
Lat : 50.6863Lng : 2.88191
0 m
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2

2 - Rue de Lille

Posant les bases de l’urbanisme moderne dans le contexte de la reconstruction des communes dévastées par la guerre, la loi Le Cornudet de 1919 impose à toutes les villes de plus de 10 000 habitants de définir un plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension intégrant des considérations liées à la desserte des rues principales, à l’adduction d’eau et à l’assainissement.
Avec le retour des habitants qui ont dû quitter la ville à cause des combats, l’impératif de la reconstruction revêt un caractère à la fois urgent et hautement symbolique. La population rentre à Armentières au rythme d’un millier d’habitants par mois et celle-ci veut permettre la renaissance de la commune.

Pour les édifices privés, la loi Le Cornudet impose notamment aux habitants de respecter l’alignement des constructions et le parcellaire d’avant-guerre (si celui-ci n’est pas impacté par un aménagement visant à la modernisation du tissu urbain). Le choix du style est laissé libre. Fortement imprégné du style régionaliste, les architectes qui oeuvrent à la reconstruction des maisons de la rue de Lille font preuve d’une grande créativité, ce qui confère aujourd’hui à cette rue une grande originalité : si la brique est bien le matériau privilégié, la forme des pignons, les ornementations de pierre, les ferronneries et huisseries font de chaque façade des créations uniques.

Crédits images : Archives municipales d'Armentières

En savoir plus sur cette étape
www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/les-chemins/la-reconstruction-dans-les-territoires-devastes/hotel-de-ville-et-beffroi-darmentieres.html

14 r de lille 59280 Armentieres
Lat : 50.6851Lng : 2.88187
0 m
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3

3 - Monument à Ernest Deceuninck

Né en 1877, Ernest Deceuninck est représentant de commerce installé à la Chapelle d’Armentières quand la guerre éclate. Il rejoint dans Lille occupée un réseau d’évasion et de renseignements dénommé le Comité Jacquet. Aux côtés d’Eugène Jacquet, Georges Maertens et Sylvère Verhulst, Deceuninck anime ce réseau qui aide notamment les soldats alliés tombés en territoire ennemi à s’échapper.
Le 11 mars 1915, un aviateur anglais, le lieutenant Mapplebeck, est descendu dans la région lilloise. Ce dernier échappe aux Allemands grâce à l’action du Comité Jacquet. En juin suivant, l’aéronaute survole Lille et lâche des tracts se moquant du gouverneur général Von Heinrich. Suite à une dénonciation, 200 membres du réseau Jacquet sont arrêtés dans les jours suivants. Le 21 septembre 1915, Jacquet, Maertens, Deceuninck et Verhulst sont condamnés à mort. Ils sont tous les quatre fusillés le lendemain à l’aube, dans les fossés de la Citadelle de Lille.

Le 22 mars 1930, le corps de Deceuninck est transféré à Armentières, selon ses dernières volontés, pour être réinhumé sous le monument aux morts du cimetière communal. Le 11 novembre suivant, la Ville inaugure ce monument à Ernest Deceuninck. Il y est représenté quelques instants avant qu’il ne soit fusillé, dos au mur, poitrine découverte, dans une attitude fière.

À l’entrée de la Citadelle de Lille, le Monument aux Fusillés Lillois rend également hommage aux quatre dirigeants du Comité Jacquet dans une posture similaire, avec, gisant déjà à leurs pieds, le jeune Léon Trulin, autre figure de la résistance en zone occupée de la Grande Guerre.
Crédits images : S.Colart (OT Armentièrois)

7 pl jules guesde 59280 Armentieres
Lat : 50.683Lng : 2.88586
0 m
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4

4 - Établissement Public de Santé Mentale

À la date du 2 août 1914, l’Asile Public Autonome d’Armentières compte près de 1300 patients, et le personnel médical se compose de 3 médecins, 3 internes et 74 gardiens. Dès leur entrée dans la ville, les soldats britanniques installent des batteries d’artillerie dans les jardins potagers de cet établissement situé en périphérie de la ville et à proximité de la ligne de Front. Face aux nombreux bombardements, l’évacuation immédiate des patients est réalisée le 31 octobre 1914. Après avoir rejoint par la route la gare de Nieppe, les malades sont emmenés par train à Rouen, Tours, Bordeaux, et enfin Cadillac.
La proximité de la zone de combat explique pourquoi l’asile est totalement ruiné en 1918. La reconstruction de l’établissement commencera en 1921 dans le style flamand. Au coeur d’un vaste espace arboré, il est composé de nombreux pavillons près desquels se situent des espaces collectifs et bâtiments techniques, tels que les bains, la salle des fêtes, les ateliers ou encore une ferme servant à l’approvisionnement de ce centre hospitalier.
Depuis sa création en 1615, le centre a conservé sa fonction hospitalière ; il est aujourd’hui l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) Lille-Métropole.

Crédits images : Archives municipales d'Armentières

104 r du general leclerc 59280 Armentieres
Lat : 50.684Lng : 2.88872
0 m
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5

5 - Monument aux Frères Mahieu

Le monument se dresse dans la cour d’un bâtiment surnommé par les Armentiérois « la Goutte de Lait ». Située à l’emplacement de l’ancien hôtel particulier de la famille Mahieu, propriétaires de plusieurs filatures à Armentières en 1914, cette maison est un don aux oeuvres de protection de l’enfance fait par Madame Mahieu dont les deux fils, représentés sur la statue, sont morts durant la Première Guerre mondiale.

Né en 1887, Auguste Mahieu est pendant la Grande Guerre affecté au 56e bataillon de chasseurs à pieds chargé début 1916 de défendre le bois des Caures dans la Meuse. Le 22 février, au deuxième jour de l’offensive française autour de Verdun, Auguste Mahieu est tué par un obus. Son nom figure aujourd’hui dans la galerie de l’ossuaire de Douaumont.

Son frère Michel, né en1891, passionné d’aviation bénéficie d’un renom certain pour avoir décroché en 1911 le record du monde d’altitude avec un passager aux commande d’un biplan. Commandant de l’escadrille des Chouettes, le capitaine Michel Mahieu est un des « as » de l’aviation française de la Grande Guerre. Il est abattu dans la Somme dans la nuit du 2 au 3 mars 1918 après être tombé dans les lignes ennemies.
Crédits images : S.Colart (OT Armentièrois)

29 r jean jaures 59280 Armentieres
Lat : 50.6864Lng : 2.88642
0 m
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6

6 - Château Debosque

Né en 1878 à Armentières, Maurice Debosque succède en 1909 à son père à la tête d’une entreprise de bâtiment. Après l’Armistice, il est l’un des premiers à rentrer à Armentières dès novembre 1918. Il commence immédiatement à former une équipe d’ouvriers destinée à déblayer les ruines de la ville avant de conduire la construction de nombreux édifices publics, comme l’hôtel de ville, l’église Saint Vaast et le monument aux morts.

Surnommée le « Château Debosque », son habitation principale est une vaste demeure de style anglo-normand, bâtie en briques et pierres avec toiture en tuiles plates vieillies. L’intérieur était aussi une vitrine du savoir-faire des artisans armentiérois.

La bibliothèque municipale s’installa dans cette demeure en 1972 et la quitta en 2007, laissant place à d’autres services communaux.
Crédits images : S.Colart - Off. de Tourisme de l'Armentiérois / Archives municipales d'Armentières

3 r de la lys 59280 Armentieres
Lat : 50.6867Lng : 2.88614
0 m
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7

7 - Cimetière communal

Marquant la reconnaissance de la nation française aux soldats tombés au champ d’honneur, l’État accorde par la loi du 29 décembre 1915, aux "Morts pour la France" le droit à une sépulture individuelle et perpétuelle dans les cimetières et carrés militaires. La restitution des corps aux familles n’est pas envisagée tant le nombre de soldats tués est important et mobiliserait par conséquent une logistique ample au détriment du ravitaillement en hommes et en matériel des forces combattantes. En réponse aux multiples exhumations clandestines, l'État accorde la restitution des corps de soldats réclamés par leur famille, à la charge de ces dernières. 250 000 dépouilles seront transférées sous le contrôle du Service de Restitution des Corps, dépendant du Ministère des Pensions, Primes et Allocations de Guerre. Sur les 1085 Armentiérois tués entre 1914 et 1918, les corps de 158 d’entre eux sont alors réinhumés dans un carré réservé par le Conseil municipal à gauche de l’entrée du cimetière communal.

Au centre du cimetière se trouve un monument aux morts dédiées aux victimes de la Grande Guerre en dessous duquel a été réinhumé en 1930 le corps d’Ernest Deceuninck, figure résistante à l’occupant allemand ayant oeuvré au sein du Comité Jacquet.
Crédits images : S.Colart - Off. de Tourisme de l'Armentiérois / S.Colart - Off. de Tourisme de l'Armentiérois

266 av leo lagrange 59280 Armentieres
Lat : 50.6956Lng : 2.89546
0 m
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8

8 - Lycée Gustave Eiffel

Créée en 1882, l’École Nationale Professionnelle, aujourd’hui Lycée Gustave Eiffel, est rapidement mise au profit de l’armée britannique durant la Grande Guerre.

Au printemps 1915, les ateliers servent à la fabrication de Pippin hand grenades (grenade à main), de lance-grenades et des porte-fusils dotés de périscopes. Jour et nuit, 300 ouvriers civils et une trentaine de militaires anglais travaillaient encadrés par le capitaine Newton et des contremaîtres de l’école. Les dortoirs et les salles de classe sont utilisés comme hôpital, les laboratoires et les salles de manipulation servent pour les analyses médicales. Les salles de dessin servent quant à elles à la reproduction des cartes d’état-major. Dans les cuisines de l’établissement sont préparées mensuellement deux à trois cent mille rations destinées aux habitants d’Armentières.

À partir du mois d’août 1915, les bombardements se renforcent et mènent à l’évacuation totale de l’école à partir du mois de mars 1916. 122 élèves de l’école mobilisés sont tués durant la guerre. D’autres y gagnent une postérité, tel Charles Nungesser, héros de l’aviation de l’armée française.
Crédits images : S.Colart - Off. de Tourisme de l'Armentiérois

96 r jules lebleu 59280 Armentieres
Lat : 50.6879Lng : 2.87269
0 m
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9

9 - Cité Bonjean Military Cemetery

Dès l’arrivée en octobre 1914 des troupes britanniques à Armentières, il est décidé de créer un cimetière pour inhumer les hommes qui ont succombé à leurs blessures dans l’hôpital militaire tout proche et dans les autres postes de soins de la ville. Ce cimetière est ouvert en bordure de la Cité construite en 1909, suite à la donation faite par Georges Bonjean, juge du Tribunal de la Seine, pour offrir 50 habitations salubres aux ouvriers de la ville. Plus de 2100 soldats de l’armée impériale britannique reposent dans la nécropole, aux côtés de 500 soldats allemands majoritairement tués lors de la bataille de la Lys du printemps 1918.

Dans l’enceinte se trouve également le Cité Bonjean New Zealand Memorial. Paré d’une feuille de fougère sculptée, ce monument honore la mémoire de 48 officiers et soldats néo-zélandais, tombés dans la région d’Armentières et qui n’ont pas de sépultures connues. Il est l’un des 7 mémoriaux néo-zélandais rendant hommage aux "Kiwis" disparus le long du Front occidental en Belgique et en France.
Crédits images : S.Colart - Off. de Tourisme de l'Armentiérois / E. Roose

59 av roger salengro 59280 Armentieres
Lat : 50.6858Lng : 2.86338
0 m
image du poi
10

10 - Rue Sadi-Carnot

Rue Sadi-Carnot
Durant la Grande Guerre, plusieurs associations, majoritairement religieuses, ouvrent des lieux d’accueil dans lesquels les soldats trouvent du réconfort par la parole, le jeu et la prière. À Armentières, la Young Men’s Christian Association (YMCA) gère deux centres en 1915, l’un au Lycée Eiffel, le second à l’EPSM. Le personnel de ces centres est composé de volontaires. À l’antenne du Lycée Eiffel en 1917, oeuvre notamment Franck Beaurepaire, champion de natation australien, 6 fois médaillé olympique et détenteur de 14 records du monde, qui deviendra maire de Melbourne en 1940.

À proximité du croisement avec le Boulevard Faidherbe, la YMCA gère aussi un foyer-hôtel pour les parents de soldats très grièvement blessés. Cet établissement poursuit son activité dans les années 1920 en accueillant des familles de soldats enterrés dans le secteur d’Armentières.

Reconstruite à la même époque, la rue Sadi-Carnot regroupe plusieurs hôtels particuliers d’industriels de la ville. Sous l’action notamment des architectes Charles Bourgeois et Jean-Baptiste Maillard, ces constructions mêlent les styles Art Nouveau, Art Déco et régionaliste pour former un ensemble d’un bel éclectisme.
Crédits images : Archives municipales d'Armentières

91 r sadi carnot 59280 Armentieres
Lat : 50.6843Lng : 2.87228
0 m

3 informations complémentaires

Informations pratiques

Contact : Office de tourisme de l'Armentiérois
Téléphone : +33(0)3 20 44 18 19
E-mail : ot.armentieres@wanadoo.fr
Site web : www.armentieres.fr/tourisme
Point de départ : Grand'Place

Place du Général de Gaulle- 59280 Armentières

Types de sol

Bitume

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